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Charte pour la paix et la réconciliation : quelles garanties pour une participation des femmes au processus de paix ?
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Adoptée le 7 août 2025 par le Conseil national de transition (CNT), la Charte nationale pour la paix et la réconciliation ambitionne de jeter les bases d’un Mali apaisé. Alors que les femmes restent encore sous-représentées dans les processus décisionnels liés à la paix, les interrogations se multiplient sur la place réelle que leur accorde ce nouvel instrument.

La Charte nationale pour la paix et la réconciliation se veut un cadre structurant pour restaurer la paix et la cohésion sociale au Mali. Les autorités de la transition affirment avoir misé sur une approche inclusive, avec une phase de consultations nationales ayant impliqué les forces vives de la nation.

Inclusivité garantie

Pour Youssouf Z Coulibaly, membre du CNT, dès la phase préparatoire l’inclusivité a été garantie. « Toutes les couches ont été consultées et écoutées, particulièrement les femmes et les jeunes », explique-t-il.

Si le texte de la Charte mentionne à plusieurs reprises la nécessité d’intégrer les femmes au processus de paix, des militantes pour les droits des femmes dénoncent un manque de garanties contraignantes. Pourtant, des dispositions existent, notamment dans les articles 21 et 22. « L’article 21 met l’accent sur l’implication des femmes, des jeunes et des personnes vivant avec un handicap pour une paix durable. L’article 22, qui promeut l’accès des femmes aux financements pour les initiatives de paix, est indispensable pour leur épanouissement », rappelle Habibatou Dicko, défenseure des droits des femmes.

Mais ces intentions ne suffisent pas, selon Kadidia Sidibé, membre du Vivier d’expertise féminin pour le développement, la prévention et la gestion des conflits (VEFPGC). « Nous avons besoin de quotas clairs et de mesures spécifiques. Il faut des engagements fermes pour que nos voix ne soient plus ignorées », considère-t-elle.

Engagement fort de tous les acteurs

Pour rendre la Charte effective, le président Assimi Goïta a annoncé la création d’une commission de veille. Mais pour qu’elle soit réellement inclusive, les femmes devront y être représentées de manière substantielle. « Si la loi 052-2015 instituant des mesures pour promouvoir le genre dans l’accès aux fonctions nominatives et électives est correctement appliquée dans la composition de cette commission, cela garantira une part réelle de participation pour les femmes », estime Kadidia Sidibé. « Cela protégera nos droits, mais il faut un engagement fort de tous les acteurs. », ajoute-t-elle.  

La représentativité effective des femmes dans la mise en œuvre de la Charte est d’autant plus cruciale que, selon la présidente de la Confédération suisse citée dans un communiqué des Nations unies, « la participation des femmes dans les accords de paix augmente de 30% la probabilité d’une durée de plus de 15 ans de ces accords. »

Or, selon un rapport du Peace Research Institute Oslo (PRIO) publié en 2018, « les femmes ont été marginalisées » dans les processus de paix antérieures au Mali, et « leur inclusion n’a pas réellement été considérée comme une priorité ».

 

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