#AnkaHakεw : « Nos parents doivent nous aider à connaitre notre corps »
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#AnkaHakεw : « Nos parents doivent nous aider à connaitre notre corps »

Dans ce monologue, Saran Keita, sous la plume de Niamoye Sangaré, appelle les parents à aider les jeunes filles à connaitre leur corps afin de prévenir des grossesses non désirées.

J’ai eu mes règles à l’âge de 12 ans. Innocente et novice, je n’en avais parlé à personne. D’ailleurs, je ne savais pas ce qui m’arrivait. Je me suis surement blessée sans m’en rendre compte, me disais-je. Durant trois jours, je jetais mes caleçons tachetés dans la poubelle et en remettais un autre en cachette. Heureusement, je ne m’étais jamais fait démasquer.

Les règles, j’en avais déjà entendu parler. Mais personne ne m’avait dit auparavant que c’était du sang en réalité. Comme beaucoup d’adolescentes, j’associais cela à la règle utilisée à l’école pour tracer une ligne droite. Les autres camarades n’étaient pas en mesure de m’aider, car elles ignoraient la « chose » comme moi.

Ligne rouge

Ayant perdu ma mère biologique, il n’y avait pas assez de complicité ni de communication  entre moi et les autres femmes de la famille  pour  aborder le sujet.

Ce n’était pas forcement compliqué pour elles d’en parler, mais comment s’en rendraient-elles compte ? On nous a toujours enseigné que notre intimité ne concernait que nous-même. Tout ce qui se rapporte à la sexualité ne devrait faire objet de discussion avec qui que ce soit.

J’ai dû m’adapter au fait que chaque mois, je sois contrainte d’utiliser des morceaux de  pagnes et les rendre propres après. J’étais soulagée de voir les autres cousines me suivre dans la même routine. Je n’étais plus la seule à gérer ce « problème ».

Pour certaines mères, aborder ce genre de sujet avec son enfant l’inciterait à la dépravation. « Le sujet est important et mérite d’être abordé. Mais de nos jours, les enfants le verront comme une autorisation masquée à avoir une vie légère», pense la mère de Djénébou, une de mes amies. Je n’ose même pas imaginer qu’elle puisse parler de méthodes de planification à sa fille. C’est une ligne rouge.

Enceinte à 17 ans

Personnellement, j’ai su calculer mes jours d’ovulation 10 ans après mes premières menstrues. Heureusement que je n’ai pas eu de vie sexuelle très tôt, sinon j’allais être exposée à une éventuelle grossesse.

Je ne suis pas une exception.  La situation est quasi-générale. Tout ce qui est relatif au sexe est tabou. Nous nous conseillions mutuellement entre amies sans vraiment savoir de quoi on parlait. Beaucoup ont contracté des grossesses précoces. D’autres ont dû abandonner l’école. Simplement parce qu’elles n’avaient pas d’informations sur la sexualité pour éviter certaines erreurs.

« Tes sorties deviennent de plus en plus fréquentes. Tu n’as surtout pas intérêt à me ramener une grossesse ». C’était la phrase préférée de la maman de Tata, une copine du quartier, qui est finalement tombée enceinte à l’âge de 17ans.

Nos parents doivent nous aider à connaitre notre corps. Dans un monde comme le nôtre, parler de sexualité avec les enfants ne devrait plus être un tabou, car le contraire cause plus de problèmes.

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Les commentaires récents (2)

  1. Les parents doivent trouver le moyen d’en parler avec les jeunes filles, de les expliquer et les faire comprendre que c’est naturel: sinon ils seront responsables de tous ce que la fille fera.