#MesChoixMesDroits : la planification familiale, un levier d’émancipation des femmes
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#MesChoixMesDroits : la planification familiale, un levier d’émancipation des femmes

Au Mali, le taux de natalité compte parmi les plus élevés au monde et freine l’essor socioéconomique des femmes. La planification familiale pourrait être un levier d’émancipation des femmes.

Korotoumou Coulibaly, quarantenaire, est mariée depuis près de 10 ans. Elle attend son 3e enfant. Avec son mari, ils ont convenu d’une méthode de contraception sur avis d’une sage-femme. Grâce à cette solution, Korotoumou parvient à bien gérer sa vie professionnelle et celle de mère. « Mes enfants se développent bien et je m’épanouie sur tous les plans. »

En effet, la planification familiale est un droit, permettant notamment aux femmes en âge de procréer, vivant en couples, de convenir librement du nombre et de la fréquence de leurs naissances. Aussi, c’est un moyen d’émancipation, en particulier pour les femmes qui évoluent dans les secteurs aussi bien formels qu’informels.

Gage d’émancipation

Par ailleurs, l’espacement des naissances offre plus de temps aux femmes pour s’occuper de leurs progénitures et mener des activités génératrices de revenus : le petit commerce, le maraichage, la transformation de produits locaux…

Pour le sociologue Fodié Tandjigora, enseignant-chercheur à l’Université des lettres et des sciences humaines de Bamako (ULSHB), la planification familiale allège les charges du ménage. « Lorsqu’une femme accepte la pratique de la planification familiale, explique-t-il, elle contrôle sa maternité. Mieux ne subit pas de grossesses non désirées. Finalement, elle contrôle le rythme des dépenses en termes d’entretien des enfants qui peuvent augmenter lorsqu’il y a beaucoup de progénitures ».

Au Mali, l’indice de fécondité était estimé à 6,6 enfants par femme en 2006. Le taux de prévalence contraceptive était évalué à 16% en 2018, selon des estimations du Fonds des Nations unies pour la population, qui vise à atteindre 30% de taux de contraception à l’horizon 2030, notamment chez les jeunes et adolescents.

Nombreux besoins non couverts

Parmi les femmes âgées de 15-49 ans, 15% utilisaient une méthode contraceptive moderne. Chez les femmes en union, le taux de prévalence était de 16% contre 35% chez les femmes non en union, sexuellement actives, d’après les résultats en 2018 de l’Enquête démographique et de santé EDS VI.

Malgré la volonté politique et les efforts des autorités et partenaires du Mali, les besoins non couverts en PF demeurent nombreux, notamment dans les localités reculées et chez les femmes avec un niveau d’instruction bas. Ce qui freine l’épanouissement et l’autonomisation économique de nombreuses femmes.

Santé et bien-être

Des campagnes de sensibilisation sont régulièrement menées dans ce sens, en particulier dans les centres de santé communautaire et les centres de santé de référence, qui offrent le plus de services en PF, suivant la pyramide sanitaire du pays.

« On sensibilise les leaders d’opinion, les associations féminines, les associations de jeunes sur les bienfaits et les avantages de la planification familiale », affirme Konaté Fatoumata Bouaré, sage-femme maitresse au Centre de santé communautaire de Yirimadio, en commune VI du district de Bamako. Dans la plupart des structures sanitaires, l’accès à la planification familiale est libre et gratuit pour les femmes, insiste l’agente de santé.

Le planning familial participe à l’émancipation de la femme au sein du foyer ou dans la vie professionnelle, améliore la santé de la mère et le bien-être familial. Mais, nuance Fodié Tandjigora, « la maternité non planifiée seule ne freine pas l’émancipation de la femme, il y a d’autres pesanteurs à ne surtout pas négliger ».

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