Orgasme féminin : « Il ne se donne pas, mais se négocie et se conquiert »
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Orgasme féminin : « Il ne se donne pas, mais se négocie et se conquiert »

La sexualité féminine est assujettie à une censure sociale, qui exclut le plaisir. L’orgasme, summum de l’excitation sexuelle, reste une expérience trop souvent méconnue. Pour la blogueuse Fatima Hope, l’orgasme ne se donne pas, mais se négocie et se conquiert. Voici un mode d’emploi.

L’orgasme est un phénomène naturel qui se déclenche à la suite d’une excitation sexuelle culminante. Il est le résultat de plusieurs facteurs, autant physiques que psychologiques, s’accompagnant de réactions comme des contractions saccadées et involontaires au niveau du périnée. Ce dernier est la pièce maîtresse d’un orgasme réussi. Il se présente comme un hamac qui soutient la vessie, l’utérus et le rectum.

Si le périnée n’est pas suffisamment tonique et capable d’entretenir ces contractions, l’orgasme empruntera le costume de flash. Il durera le temps d’une étincelle. À cela, s’ajoutent une rétractation du clitoris et une augmentation du rythme cardiaque.

Tous les orgasmes sont les mêmes au niveau physique et varient seulement en force et en longueur. Chez la femme, l’orgasme dure plus longtemps : vingt secondes en moyenne. Cependant, toutes les femmes n’atteignent pas l’orgasme de la même façon.

L’organe du plaisir

Chez la femme, l’orgasme peut survenir à la suite d’une stimulation des zones érogènes. Ce sont des parties du corps où les terminaisons nerveuses sont plus nombreuses, donc plus sensibles. La stimulation des zones érogènes sert, entre autres, à déclencher des réflexes mécaniques pour le rapport sexuel telle que la lubrification. La stimulation des zones érogènes sert également à faire perdurer le désir et l’excitation sexuels.

Avec plus de 8 000 terminaisons nerveuses, le clitoris est la partie la plus sensible de ces zones. C’est l’organe du plaisir féminin par excellence. Son seul rôle, c’est donner du plaisir. Ce qu’on appelle généralement clitoris n’est en fait qu’un bout de l’iceberg. C’est la glande, l’extrémité et la partie visible du clitoris. Se prolongeant de l’intérieur du vagin d’où il est sollicité lors de la pénétration, le clitoris mesure entre 10 et 12 centimètres et est composé de deux racines qui entourent le vagin et l’urètre. Si le clitoris est une source immense de plaisir, on ignore trop souvent son potentiel orgasmique et l’excision (la mutilation génitale féminine) reste son pire cauchemar.

Excitation clitoridienne ou vaginale ? 

Dire que les femmes sont soit vaginales ou clitoridiennes est une classification qui n’a pas lieu d’être, en plus d’être erronée. C’est du fait de la sensibilité du clitoris que l’on prend du plaisir. Lorsqu’on atteint l’orgasme par la pénétration, c’est grâce à la racine du clitoris située à l’intérieur du vagin. La femme est multi-orgasmique, ce qui veut dire qu’elle a la possibilité d’avoir plusieurs types d’orgasmes et ceux-ci se déclenchent quand l’excitation sexuelle est à son paroxysme. Tout ce qui participe à faire monter cette excitation à son point culminant peut donc contribuer à la survenue d’un orgasme. 

D’autres zones érogènes dites secondaires existent et sont différentes d’une femme à une autre. Certaines femmes sont plus sensibles des seins, de l’intérieur des cuisses, du cou ou des petites lèvres. Pour d’autres, c’est plutôt les pourtours et le col de l’utérus, le bas du dos et du ventre, les fesses ou encore le mythique point G, qui se situe dans la face antérieure du vagin, proche de l’entrée où se rejoignent les deux « branches » du clitoris. Le cerveau, notre grande centrale – pas de celles de l’EDM-S.A fort heureusement – est aussi une zone érogène très importante. Une voix, la vision d’un corps, des mots d’amour ou plutôt sexuels, une pensée torride, un fantasme sont autant de facteurs différents pouvant provoquer un orgasme. 

Comment jouir, comment faire jouir ?

La dimension de l’orgasme n’est pas toujours mécanique. Ce n’est pas en pianotant le clito comme le clavier d’un Android ou d’un iOS qu’on déclenchera obligatoirement un orgasme. Délicatesse et  sensualité dans les gestes sont de mise. La glande du clitoris est extrêmement sensible, il est donc important de penser à la lubrification. Des mouvements brutaux  sur cette partie sont comparables à une morsure pendant une fellation, et vous conviendrez avec moi que c’est loin d’être agréable.

Pour jouir, il faut être excitée mais aussi confiante et relaxée. Il faut avoir confiance en soi : oublier ses complexes, se vider la tête. Il faut aussi avoir confiance en son partenaire : accepter de lâcher prise, de s’abandonner à ses émotions et le guider dans son exploration. La sexualité est faite de partages, et il faut donc savoir faire preuve de générosité. On ne peut non plus atteindre l’orgasme par télépathie. Personne ne pourra connaître votre corps mieux que vous-même, alors touchez-vous. 

Résultat d’un panaché

Nos rapports sexuels ne sont trop souvent centrées que sur la pénétration. Cela reste un excellent moyen pour faire jouir un homme,  mais ce n’est pas forcément le plus adapté pour la femme. L’anorgasmie, incapacité à aller jusqu’à l’orgasme, n’est pas une tragédie en soi, dans la mesure où les préliminaires existent et qu’on se fait plaisir à deux. L’anorgasmie ne veut pas dire qu’il n’y a pas de montée du désir. Mais il y a un blocage au moment où on pourrait avoir quelque chose de plus fort. Les préliminaires ne doivent pas être relégués au second plan ou être optionnels. Ils font partie des rapports sexuels. Plus les stimulations sont variées, plus il y aura de chance d’avoir un orgasme et peut-être même plusieurs, parfois sans pénétration sexuelle.

L’orgasme est le résultat d’un panaché de plusieurs facteurs physiques et psychologiques. Il n’y a pas de méthode universelle. Il peut être atteint seule par la masturbation, ou lors d’un rapport sexuel, qu’il y ait pénétration ou non. Au vu de tout ceci, je n’ai qu’une chose à ajouter : l’orgasme ne se donne pas, il se négocie, il se conquiert ! Touchez, explorez, et jouissez !

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Les commentaires récents (8)

  1. C’est bien d’expliquer à nous lecteurs le mécanisme physiologique de l’orgasme mais de la plateforme benbere je m’attendais plutôt à lire un article sur la perception des femmes et des hommes sur l’orgasme féminin… et les secrets (petits trucs traditionnels) des femmes malienne dans ce cadre…
    Sinon l’orgasme féminin est plus complexe que tout ça.