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Les taxis-motos à la frontière ivoiro-malienne, un problème de sécurité régionale ?

À la frontière entre Zégoua et Pogo, qui sépare le Mali et la Côte d’Ivoire, beaucoup de voyageurs utilisent les taxis-motos et passent par la brousse pour contourner les postes de contrôle. Ces taxis-motos posent un problème de sécurité pour nos deux pays, écrit le blogueur Souleymane Sangaré.

Récemment lors d’un voyage à Abidjan, j’arrive à Zégoua, dernière ville malienne avant la Côte-d’Ivoire, à 2 heures du matin. Bien avant d’entrer dans la ville, un convoyeur s’adresse à nous en ces termes : « Ceux qui n’ont pas de pièce d’identité, cotisez 1000 FCFA chacun. Ceux qui ont la carte d’identité mais pas la carte de vaccination, c’est 1500 FCFA et cet argent c’est pour arranger les agents du côté ivoirien, ou bien vous avez le choix d’emprunter un taxi-moto ».

Après le poste de contrôle de Zégoua, sur la cinquantaine de passagers, nous étions moins de dix à rester dans le car, les autres ont pris les taxis-motos pour traverser la frontière ivoirienne à travers la brousse. Etonné de la situation j’ai dû attendre notre arrivée de l’autre côté de la frontière, au poste de contrôle de Pogo, en Côte d’Ivoire, pour comprendre un peu de quoi les passagers ont peur jusqu’à prendre des risques en montant derrière un inconnu en pleine nuit et rouler sur plus de 2 kilomètres.

Au poste de Pogo, tu dois payer un billet de 1000 FCFA, que tu sois en règle ou non. Les agents ne regardent même pas ton visage. Tu déposes les 1000 FCFA sur la table et tu sors par une petite porte de derrière sans ta pièce d’identité pour te rendre au service hygiène publique, l’endroit le plus craint par les passagers pour la simple raison que la carte de vaccination y coûte 8000 FCFA pour une durée de trois ans. Je comprends alors que les gens prennent des motos pour contourner ce poste de contrôle afin de ne pas payer cet argent. Ils rejoignent le car après le poste de contrôle et continuent leur chemin.

Un problème de sécurité

Mais la question que je me pose est celle-ci : si chaque personne qui veut échapper au contrôle sur la frontière peut juste prendre un taxi-moto, peut-on dire que nous sommes en sécurité ? Un djihadiste recherché, un évadé de prison ou n’importe quel criminel peut franchir la frontière d’un pays à l’autre sans problème.

Même si cette facilité de traverser la frontière sans contrôle permet à certains passagers d’éviter le racket, je crois que la sécurité de nos pays doit être une priorité. Il faut que les autorités de nos deux pays pensent à interdire ou alors à contrôler les taxis-motos entre Zégoua et Pogo. Sinon, leur tolérance est une épine dans la lutte contre le terrorisme et le trafic de drogues dans la région.

Mais il faudra aussi combattre le racket organisé auquel s’adonnent les policiers et les douaniers sur les frontières. Si ces agents du gouvernement ne cherchaient pas toutes les occasions pour soutirer de l’argent aux passagers, cette traversée clandestine n’aurait pas lieu.

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Les commentaires récents (3)

  1. Je n’ai rien compris dans leur affaire de CDEAO là, la libre circulation se trouve dans leurs objectifs mais je me demande si toute fois ils veulent même la réalisation de ces objectifs là

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