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Pour les jeunes de Gao, la présidentielle n’est pas un enjeu

Chez beaucoup de jeunes de Gao, la présidentielle du 29 juillet ne constitue pas un enjeu. Le président de la République est à Bamako et il ignore tout de leurs conditions de vie. Les jeunes de Gao se préparent surtout pour les législatives, écrit le blogueur Anassa Maiga.

À Gao, les populations semblent ne plus faire confiance aux multiples promesses des politiciens. Résignation des « oubliés du système » ? En tous cas, je ne sens aucun engouement pour la présidentielle du 29 juillet, quand je discute avec les gens, même pas chez les jeunes qui devraient être les plus engagés.

Si beaucoup de régions du Mali sont connues comme des fiefs de tel ou tel grand parti, les habitants de Gao suivent presque tous les candidats. Certains partis ont l’habitude de payer les gens pour remplir le plus grand stade de la localité lors des meetings, et ils auront l’impression d’avoir beaucoup de sympathisants. Mais cette impression est trompeuse, car ceux qui viennent assister au meeting d’un parti sont les mêmes qui iront à celui d’un autre parti demain, pourvu qu’il mette la main à la poche. Les politiciens devraient donc éviter de confondre foule et électorat.

Les jeunes se préparent surtout pour les législatives

La présidentielle ne constitue pas un enjeu parce que le président de la République est à Bamako et ignore tout de leurs conditions de vie.

C’est pourquoi les jeunes de Gao se préparent surtout pour les législatives. Contrairement au président, les députés sont des gens de la région, qui connaissent la réalité. Ils devraient être plus proches des gens, et ils sont les mieux placés pour représenter les intérêts de la Région à Bamako.

Or les grands ténors de la politique locale ont rejoint le camp de la majorité présidentielle, et beaucoup de jeunes les reprochent de ne pas avoir bien assumé leur rôle. Si les jeunes de Gao s’attendent à un changement, c’est d’abord celui de ceux qui les représentent à l’Assemblée nationale.

Paysage politique calme

Nous n’aurons pas à nous inquiéter d’une crise postélectorale dans la cité des Askia. Ici, il n’y a ni culte de la personnalité, ni fanatisme politique connu sous d’autres cieux. Rares sont ceux qui iront jusqu’à s’insulter ou s’entretuer pour les hommes politiques.

Néanmoins, c’est bien de prendre des précautions dans ce contexte difficile, et les campagnes de sensibilisation, de mobilisation des populations pour des élections apaisées ont commencé sur les médias. Tout est mis en œuvre pour éviter une énième crise, qui nous plongerait dans le chaos.

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