Deuil : faire face à la perte des deux parents
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Deuil : faire face à la perte des deux parents

Il y a quelques semaines, notre collaborateur Aboul Hassane Cissé a perdu ses deux parents. La perte d’un père et d’une mère n’est pas sans douleur : c’est une dure épreuve. À travers ce billet, la Communauté des blogueurs du Mali (Doniblog) rend hommage aux deux parents qui nous ont quittés.

Quand on s’engage généralement dans un projet d’expatriation, c’est bien souvent pour acquérir plus de compétences, ou avoir plus de moyens financiers afin de secourir un jour les siens. Hélas, les choses ne se passent toujours pas comme on s’y attend. Des moments durs se succèdent et nous font vivre des épreuves douloureuses qu’on doit surmonter. 

Arrivé il y a plusieurs mois au Japon pour mes études, je commençais une période assez particulière pour moi. J’ai découvert un grand pays, assez différent du mien sur tous les aspects et je n’aurais jamais cru en certaines réalités si je ne les avais pas vécues. En matière de culture et de développement, mon pays d’accueil est très riche. Bien que décidé à m’adapter, la nostalgie me rongeait et l’envie de revoir ma famille, particulièrement ma chère mère me hantait. 

Le décès de mes parents

Un lundi, alors que je ne me doutais de rien, un coup de fil vint assombrir ma journée. On m’a annoncé que ma mère venait de quitter cette terre pour toujours. Cette disparition a été un coup très dur pour moi. Ce jour-là, je paniquais, tremblais de tout mon corps, submergé par mes propres larmes. Mon monde s’écroulait. 

Maman était tout pour moi. La fondation de mes accomplissements, celle qui me guidait, me conseillait. Moi qui me considérais depuis quelques années comme un homme, j’ai compris à quel point je n’étais encore qu’un enfant, son enfant à elle. 

Il n’y avait surtout rien de plus écœurant que le fait de savoir qu’on se trouve à des dizaines de milliers de kilomètres et qu’on est dans l’incapacité d’assister à ses obsèques. Révolté contre moi-même, j’ai commencé à douter du choix que j’ai fait. Celui de partir loin d’elle. Même si c’était difficile à accepter, au bout de deux semaines, j’ai fini par comprendre que je devais faire avec, l’accepter quand même. Depuis, pour me faire moins de mal, je refuse d’y penser. Ne pas dire adieu à maman me torturait, mais je n’y penserai plus longtemps, m’étais-je dis. 

Ce qui m’inquiétait, c’était l’état de mon père. Les autres membres de ma famille m’ont appris qu’il déprimait depuis le départ de maman. Il ne mangerait plus et sa santé serait en train de se détériorer. J’avais espoir mais les nouvelles à son propos ont été durs pour moi : lui aussi s’en est allé « pour ce village qui n’a pas de chemin de retour » (Batouala, Réné Maran) après une courte maladie.

Ne jamais baisser les bras

J’étais abattu. Jamais je n’avais douté que mes parents seraient deux cœurs liés à la vie et à la mort. D’ailleurs, je n’avais jamais pensé ne pas pouvoir leur dire adieu. Perdre un parent n’est jamais sans douleur à plus forte raison les deux parents en moins de deux mois. Les moments passés ensemble défilaient devant mes yeux. Je m’en voulais tellement de ne pas être là. 

Effondré, je le suis mais peu importe le temps que cela prendra, je dois faire mon deuil et aller de l’avant. Pour les miens, je ne baisserai jamais les bras comme papa et maman me l’ont toujours conseillé.

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Les commentaires récents (9)

  1. Je suis vraiment désolée pour ce que vous vivez 🙏🏾
    Qu’Allah vous donne la force de surmonter cette dure épreuve y’a rabbi