Pazo Koné, la fin du bégaiement au bout de la détermination
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Pazo Koné, la fin du bégaiement au bout de la détermination

La blogueuse Koumafing Keïta nous parle de Pazo Koné, jeune étudiant en médecine. Atteint de bégaiement dès le bas âge, sa détermination lui permettra de vaincre son handicap.

A  l’école, il assistait  aux rires moqueurs des uns  et aux imitations ironiques des autres. Peu compris par les enseignants, l’élève bègue qu’était Pazo ratait les  moyennes à l’issue des  matières orales.  « C’était  dur pour moi de faire les récitations et la lecture, confie Pazo. Quand on m’appelait Pazo Koné, je ne pouvais répondre ‘présent’, à plus forte raison prononcer mon propre nom. C’était vraiment pénible. Dans la classe, Je fuyais le regard de mes maîtres pour qu’ils ne m’interrogent pas. certains  pensaient que  je le faisais exprès. Pire, mes camarades en rigolaient bien. »

Du haut de ses 27 ans, taille fine, apparence sportive, Pazo Koné  est aujourd’hui étudiant en médecine. Né en  Côte d’Ivoire,  il fut élevé  par sa grand-mère à Moniso, dans la région de Ségou. Pazo a passé une enfance très difficile à cause de son bégaiement. Le phénomène du bégaiement touche environ 70 millions de personnes à travers le monde dont un million au Mali, selon l’Association vaincre le bégaiement (AVB).

La confiance en soi

Après l’obtention du bac, il opte pour la médecine. C’est là-bas que le jeune bègue a soigné son handicap. « Comme mon cas était grave, ma grand-mère a fait des sacrifices,  croyant que c’était un sort qui m’avait été jeté, ça  n’a  eu aucun effet », se souvient Pazo.

Le combat contre le sort est devenu  une source d’énergie et d’engagement pour le jeune étudiant. Quand il a atteint la majorité, Pazo s’est lancé dans la recherche d’un centre de rééducation, seul moyen de favoriser son intégration professionnelle. Après  trois années de thérapie à l’Association de vaincre le bégaiement (AVB), au Centre de santé de référence de la commune III du district de Bamako, le handicap de Pazo s’est atténué.  « Mon premier jour restera gravé dans ma mémoire. J’ai fait huit minutes sans pouvoir me présenter à mes camarades, tellement  je bégayais. Certains ont même pleuré. Je ne  me suis jamais découragé, et me disais qu’un jour ça irait mieux. », explique-t-il.

Aujourd’hui, en l’absence du thérapeute, c’est le jeune étudiant qui assure la relève. Pendant les cours de rééducation, les camarades de Pazo souhaitent lui emboîter le pas. Parmi ces derniers, on retrouve différents types de bègues : clonique, blocage, tonico-clonique.

Pour concilier son handicap avec sa vie professionnelle, la confiance en soi est devenue  son arme de bataille. Pazo a effectué des stages de perfectionnement dans des structures de santé publique et privée. En dépit de ses difficultés de communication, il n’a pas renoncé à ses objectifs. Actuellement, le jeune homme de 28 ans prépare sa thèse  en imagerie médicale et  ambitionne de se spécialiser en phoniatrie.

Détermination

« Grâce à cette association, je me débrouille dans les cliniques et dans les hôpitaux. Maintenant, quand je m’exprime les gens sont fiers de moi. Mes collèges, mes camarades, mes amis m’encouragent de continuer sur ce chemin. Des personnes bègues me sollicitent pour les aider afin qu’ils puissent surmonter ces troubles de communication »,  a affirmé Pazo.

A l’image de Pazo Koné, une personne bègue peut s’intégrer socialement et professionnellement. Il mène une vie heureuse  sans être  complexé  de  son handicap, qu’il traîne désormais dans ses souvenirs. « L’épanouissement  est au bout de la détermination »,  conclut Pazo.

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Les commentaires récents (3)

  1. Bravo à pazo et tous ceux qui cherchent à atténuer leurs souffrances e’ matières de communication l état doit créez un centre de prise en charge orthophonique au mali et former beaucoup d orthophonistes et aussi intégrer les orthos dans les centres de santé et affecter un au compte de l association vaincre le bégaiement