Twittoscopie : au Mali, le tweet qui a dit tout haut ce qui est pensé tout bas
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Twittoscopie : au Mali, le tweet qui a dit tout haut ce qui est pensé tout bas

Alors que la Twittosphère est enflammée après l’assassinat en Irak du général iranien Qassem Souleimani, un tweet sur le compte de la Présidence du Mali condamnait l’assassinat en des termes peu diplomatiques. Il y avait baleine sous graviers.

La mort du général iranien Qassem Souleymani dans une frappe de drone américain en Irak, le 3 janvier 2020, a eu des résonances jusqu’au Mali. Sur Twitter, un commentaire fort peu diplomatique sur le compte de la présidence du Mali en a surpris plus d’un.

Malgré que le tweet ait été supprimé quelques minutes après, la capture d’écran a continué à circuler sur les réseaux sociaux, amenant ainsi la présidence à se fendre d’un tweet arguant que « son compte Twitter a été momentanément piraté par des individus mal intentionnés ».

Au lendemain de ce post, nous en avons su un peu plus sur ce que certains ont appelé le « Tweetgate ». « Compte twitter de la Présidence. Ni pirates, ni hackers, une regrettable erreur de manipulation. Hier, en voulant tweeter sur la crise américano-iranienne, je me suis retrouvé sur le compte de la Présidence, dont je possédais les clés, par erreur. Aucune volonté de nuisance », pouvait-on lire sur le compte Twitter de Tiegoum Maïga, ancien directeur de la communication de la présidence du Mali, démis de ses fonctions en novembre dernier.

Interpellation

Est-ce dire que Monsieur Tiegoum Boubèye Maiga, qui sait qu’il ne gère plus le compte Twitter d’une institution aussi importante que la présidence, n’a pas pris la peine de le désactiver de ses appareils ?

Un simple tweet pour montrer qu’on n’a aucune volonté de nuire est-il suffisant pour atténuer le fait ? On peut en douter fort.

D’importants organes de presse ne sont pas restés en marge de l’affaire. Le dessinateur franco-burkinabé, Damien Glez, dans sa chronique sur Jeune Afrique, n’a pas hésité à la tourner en dérision pour amuser la galerie. Le journal Le Monde s’est également penché sur l’affaire à travers un papier intitulé : ‘’«Trump a commis une connerie » : l’étrange réaction de la présidence malienne sur Twitter’’.

Ironie ou pas, certains ont l’air d’apprécier le tweet malgré tout ce qu’on peut lui reprocher de néfaste.

Pour bon nombre de personnes qui condamnent l’acte, le tweet publié par Tiegoum Boubèye Maïga, sur le compte de la présidence, bien que jugé dangereux, étale ce que beaucoup pensent tout bas. S’il a anticipé la fin des enquêtes dont l’ouverture avait été annoncée par la présidence, en s’expliquant, c’est à son ancien employeur que revenait le dernier mot, comme l’a relevé un internaute.

Ainsi, il a été interpellé par la Brigade d’investigation judiciaire et certaines informations annonçaient même qu’il avait été placé sous mandat de dépôt. D’un simple tweet, il s’est retrouvé dans de sales draps.

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