Sinankuya diallo fané boutique vendeur articles Bamako Mali Benbere
article comment count is: 0

Il était une fois, Diallo et Fané

Diallo et Fané étaient en train de s’insulter pour une pièce de 250 FCFA. Ils ont même failli en venir aux mains. Mais lorsqu’ils ont appris qu’ils sont des cousins à plaisanterie, ils ont alors appliqué la règle du Sinankuya.

Un peul du nom de Diallo voulait s’acheter du thé dans une boutique tenue par Fané. Après l’achat, Fané lui retourne sa monnaie, qui contenait une pièce détériorée de 250 Francs CFA. Diallo demande donc au boutiquier de changer la pièce. Celui-ci refuse et comme argument, il avance que la pièce n’a pas de problème. Ils s’échangent aussi des phrases pas du tout belles à entendre sous l’effet de la colère. Comme on le dit ici, Satan s’est invité entre eux, et très remontés, ils sont sur le point d’en venir aux mains.

C’est alors qu’une connaissance de Monsieur Diallo rentre dans la boutique, venue elle aussi faire ses achats. Vu le spectacle, elle décide d’intervenir : « Diallo, comment vas-tu ? Que se passe-t-il entre toi et ton esclave Fané ? » Cette phrase a d’abord agi chez les deux belligérants comme une décharge électrique. Chacun ne connaissait pas le nom de famille de l’autre, et tout à coup, ils apprennent qu’ils sont cousins à plaisanterie et que le pire aurait pu arriver s’ils s’étaient battus. Surtout si l’un avait versé le sang de l’autre, il l’aurait payé très cher.

Cette découverte fait baisser la tension sur-le-champ mais les blagues continuent. Diallo toujours un peu remonté, explique la scène à sa connaissance tout en utilisant l’expression « petit esclave », pour désigner le boutiquier Fané. Ce dernier répond aussi en traitant Diallo de « petit habitué des pâturages, illettré et campagnard qui ne savait rien de la monnaie ». Le sourire a commencé à occuper les lèvres pendant que la discussion a continué dans le respect cordial sans insultes grossières. Ils ont commencé à appliquer le principe du sinankuya : « Ta liberté de parole s’arrête là où tu commences à heurter la sensibilité de l’autre, sa dignité. »

Partagez-nous votre opinion

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure utilisation sur ce site web.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Si vous souhaitez en savoir plus sur les cookies que nous utilisons, veuillez lire notre politique relative aux cookies.