Qu’on se le dise, le veuvage est une obligation pour la musulmane
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Qu’on se le dise, le veuvage est une obligation pour la musulmane

En réponse à un billet sur Benbere dans lequel un blogueur donnait son point de vue sur le veuvage qu’il suggère de revoir, le blogueur Birama Bah estime que cette pratique est une obligation pour une musulmane. Nous profitons pour rappeler que Benbere est une plateforme ouverte à tous les Maliens pour le débat.

La musulmane dont le mari décède est tenue de rester dans la maison conjugale jusqu’à la fin de la période de viduité (veuvage), qui est de quatre mois et dix jours. Cette obligation est prescrite par Allah, qui dit :

« Ceux d’entre vous que la mort frappe et qui laissent des épouses ; celles-ci doivent observer une période d’attente de 4 mois et 10 jours. Passé ce délai, on ne vous reprochera pas comment elles disposeront de leurs propres personnes d’une manière convenable. Et Allah est parfaitement connaisseur de ce que vous faites. » (Coran, Sourate n°2, verset 234).

L’obligation du veuvage et de son délai sont aussi prescrits par le Prophète (PSL). Ainsi, d’après Zaynab, le Prophète (PSL) a dit : « Il n’est pas permis à une femme qui croit en Allah et au jour dernier de faire le deuil pour un mort au-delà de trois jours, sauf pour le mari pour lequel le deuil est de 4 mois et dix jours. » (Rapporté par Boukhari dans son Sahih n°1280 et Mouslim dans son Sahih n°1490).

Obligations de la veuve

Pendant la période de veuvage, la femme ne doit pas sortir de sa maison. En effet, d’après Fari’a Bint Malik (qu’Allah l’agrée), « Le Prophète (paix et salut sur lui) m’a dit après le décès de mon mari: ‘’Reste dans ta maison jusqu’à la fin du délai’’ ». (Rapporté par Abou Daoud, Tirmidhi, Nasai, Ibn Maja et authentifié par Cheikh Albani dans Irwa Al Ghalil vol 7 p 206).

La veuve peut cependant sortir pour des nécessités, comme se rendre à l’hôpital en cas de maladie, aller au travail si elle n’obtient pas de dispense, ou faire ses courses s’il n’y a personne pour le faire à sa place. Par contre, elle ne peut effectuer ni Hadj (grand pèlerinage) ni Oumrah (petit pèlerinage). S’il arrive que la maison où elle réside s’écroule, elle déménagera dans une autre pour y accomplir le veuvage. Si elle a peur de rester seule dans la maison et qu’il n’ y a personne pour lui tenir compagnie, elle peut quitter la maison.

Le veuvage oblige aussi la femme à éviter la coquetterie : se parfumer (sauf à l’encens), se maquiller (même au khôl ou au henné), porter des parures (colliers, bijoux, bagues, etc.) ou des vêtements attrayants. Elle doit se contenter d’habits simples. Ainsi, d’après Oum Salama, le Prophète (PSL) a dit : « La femme dont le mari est décédé ne porte pas d’habits teints en jaune ou en rouge, ni de bijoux, elle ne doit pas se teindre les cheveux ni mettre du kohl. » (Rapporté par Abou Daoud dans ses Sounan n°2304 et authentifié par Cheikh Albani dans sa correction de Sounan Abou Daoud).

En revanche, la veuve a le droit de se laver quand elle veut avec de l’eau et du savon, de recevoir des visites, de parler au téléphone, de faire le ménage ou la cuisine.

Bien entendu, pendant le veuvage, la femme ne peut ni se marier ni être explicitement demandée en mariage. Mais l’islam permet de lui faire des demandes allusives ; la tradition considère, par exemple, comme une demande allusive le fait, pour un homme, de vanter les qualités de bonne épouse de la veuve.

Fin du veuvage de la musulmane

Si la veuve est enceinte, le délai de viduité se termine à l’accouchement car Allah dit dans le Coran : « Et quant à celles qui sont enceintes, leur période d’attente se terminera à leur accouchement. » (sourate 65, verset 4).

De même, d’après Miswar Ibn Makhrama, quand la dame Sabi’a Al Aslamiya a accouché quelques nuits après la mort de son mari, elle est allée voir le Prophète et lui a demandé la permission de se marier ; il le lui a permis et elle s’est mariée (hadith rapporté par Al Boukhari dans son Sahih n°5320 et Mouslim dans son Sahih n°1485).

Certains se demandent pourquoi on ne permettrait pas, à l’époque moderne, à la veuve non enceinte d’éviter le veuvage en lui faisant passer, à la mort de son mari, un test de grossesse. Une telle solution sera écartée pour la bonne raison que ni le Coran ni la tradition prophétique ne l’ont autorisée. Le Coran prévoit que le délai de viduité se termine avec l’accouchement de la veuve enceinte ; il ne prévoit pas que la veuve enceinte ou non enceinte n’observe pas la viduité. Il ne faut pas oublier que si le veuvage vise principalement à s’assurer que la veuve ne porte pas de grossesse et ne se remarie pas avec cette grossesse, il a aussi pour but de faire respecter la mémoire du mari défunt, d’où l’interdiction de toute coquetterie et de toute sortie non nécessaire à la veuve.

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Les commentaires récents (1)

  1. Je suis fortement d’accord avec cet article qui explique nettement comment se passe cette période de veuvage chez les femmes musulmanes enceinte ou pas. Je félicite le blogueur 👏👏