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Canicule à Kayes : la glace au prix de l’or

Kayes, dans la première région du Mali, est citée  parmi les villes les plus chaudes du pays. En cette période de chaleur et de ramadan, le prix de la glace flambe.

40°, 42°, et même jusqu’à 46°C de température minimale : de mars à juillet, il fait extrêmement chaud à Kayes. Pendant cette période de canicule, la glace est convoitée par les Kayesiens. Surtout que depuis quelques années, le mois de ramadan coïncide avec la grande chaleur. Et c’est pendant cette période que la glace se vend à prix d’or, comme si les vendeurs ne savaient pas que nous traversons une période de vaches maigres pour tout le monde.

Si boire de l’eau glacée aide à apaiser, l’acquisition de la glace n’en demeure pas moins la croix et la bannière en raison de sa cherté : de 50 FCFA l’unité, elle est parfois cédée à 200 FCFA, voire plus en fonction des localités. Le hic est qu’en plus de la cherté, les gros revendeurs amassent tout pour les revendre à des prix exorbitants. Ce qui fait qu’il y a souvent pénurie.

Vieux frigos et grosses motos

Cette pénurie s’explique aussi par l’exportation de la glace vers les autres localités rurales et semi-urbaines. En effet, la ville de Kayes approvisionne les cercles de la région dont une grande partie du cercle de Yélimané et de Bafoulabé. Partout, en ville, des vieux réfrigérateurs sont attachés à l’arrière des grosses motos. Les taxis-brousses transportent également de la glace en même temps que les passagers ordinaires. Chaque revendeur a au moins 3 à 4 clients possédant des frigos. Ce sont les nouveaux patrons de la vente de glace. Cela n’est pas mal en soi, mais le véritable problème est que le prix de la glace est multiplié par 10 dans certaines localités.

Yatéla est une zone aurifère située à plus de 50 km, au sud-est de la ville de Kayes. Dans ce village, on trouve beaucoup de mines traditionnelles et les glaces s’arrachent comme des petits pains : 400 à 500 francs CFA en fonction du vendeur. Yacouba Konaté est un revendeur. « Cela fait bientôt 3 ans que je fais ce commerce de glace. C’est grâce à ça que j’arrive à préparer la fête de ramadan. Mieux, en 2018, je me suis acheté une nouvelle moto et un lot de terrain », explique-t-il avant de démarrer en trombe en direction Yatela, tout souriant. Derrière la moto, son vieux frigo pouvant contenir une centaine de glace.

« Je suis chauffeur depuis 6 ans, mais franchement le transport et la vente de glaces offrent  mieux que le volant, confie Adama, dit « Nostras Damus », conducteur de taxi. J’ai 2 frigos au-dessus de mon taxi. Quand elles sont pleines, je pars sur Yélimané le matin et  je reviens le lendemain avec plus de 150 000 francs CFA ». A la question de savoir à combien il prend la glace, la réponse ne se fait pas attendre : « Mes clients sont des femmes, certaines me donnent à 150 francs CFA pour la qualité supérieure mais  d’autres à 125 francs CFA ».

Ras-le-bol

« Franchement nous souffrons de cette situation. Les ‘’taximan’’ et les motocyclistes nous vendent la glace très chère, mais nous ne pouvons rien faire car nous ne disposons pas d’électricité pour produire la glace ici. Nous sommes obligés d’acheter car il fait extrêmement chaud en cette période de jeûne », regrette Fanta, habitante de Diongaga, dans le cercle de Yélimané.

Beaucoup de personnes interrogées ont exprimé  leur ras-le-bol face à cette flambée du prix de la glace et espèrent que la situation changera vite. En attendant, les populations se soumettent à ces exigences, et les vendeurs renflouent leur caisse pour asseoir leur économie. Je crois qu’il est temps de penser aux populations de cette zone en mettant à leur disposition de l’électricité et l’eau abondamment afin que, peu importe leur classe sociale, elles soient en mesure de s’offrir au moins un réfrigérateur.

 

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