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Au Mali, le public doit-il rester l’avenir de l’école ?

L’État malien subventionne les écoles privées sans que nous ayons la qualité recherchée. Le blogueur Fousseni Togola pense que cela est l’une des causes les plus importantes de la baisse du niveau scolaire que nous observons. C’est pourquoi, à travers ce billet, il demande au gouvernement de songer à augmenter le nombre d’écoles publiques.

La médiocrité dans les écoles maliennes est sur toutes les lèvres, mais rarement on se demande ce qui peut réellement l’expliquer. Je trouve que la principale cause de ce phénomène est la prolifération des écoles privées, qui découle du fait que l’État s’est montré incapable d’accueillir tous les élèves dans les écoles publiques. En 2017, le Mali ne comptait que 170 écoles publiques secondaires contre 1500 dans le privé, selon le censeur d’un lycée.

Dans les écoles publiques, les enfants sont entassés dans les classes comme des sardines. Il n’est pas rare de voir dans certaines de ces écoles les enfants s’abriter dans un hangar pour prendre les cours. Cela était le cas à l’école fondamentale publique de Kabala entre 2009 et 2016. « Nous sommes 59 dans notre classe. Il fait chaud et c’est difficile de bien suivre les cours », confie Aboubacar, élève en classe de 6e année.

Le drame dans la plupart des écoles privées, c’est le manque d’enseignants qualifiés. J’ai été surpris de voir dans une école fondamentale privée de Kabala, en 2010, un recalé du Diplôme d’études fondamentales (DEF) exercer en qualité d’enseignant. Toutes choses qui sont impensables dans le public où, pour enseigner au primaire, il faut être diplômé d’un Institut de formation des maîtres (IFM).

Dans le privé, on a l’impression que c’est le je-m’en-foutisme qui règne. Et c’est difficile de voir des élèves redoubler. Tout le monde peut payer le passage en classe supérieure. Un élève de la 8e année m’a clairement fait savoir qu’il sait qu’il ira en classe supérieure, même s’il n’est pas assidu aux cours. Le fait est que certains promoteurs d’écoles privées se permettent tous les coups pour montrer un taux astronomique de réussite à l’examen, qu’ils prendront un malin plaisir à plaquer au fronton de leur établissement, pour attirer davantage d’élèves partisans du moindre effort. Et c’est dans ces écoles que les examens perdent année après année leur sens.

Bétaillères publiques

La fraude à l’examen semble être devenue l’exclusivité des écoles privées- on dira ce qu’on voudra mais c’est comme cela. Mais l’avenir du système éducatif de ce pays réside dans les écoles publiques où l’État brille par son absence, mais qui comptent encore dans leurs effectifs des élèves croyant encore à la force du travail et du mérite.

C’est vrai que dans les établissements secondaires publics, des enseignants professionnellement inconscients sont légions. Il y a des élèves qui ont un goût farouche pour les sales mentalités. Les salles de classe ressemblent à des bétaillères, tellement les effectifs sont pléthoriques. Mais, on n’y badine pas souvent avec la discipline, qui, sans craindre de se tromper, est à deux doigts de disparaître du vocabulaire de certains établissements privés.

Moderniser et construire

Le gouvernement du Mali est le seul à pouvoir trouver une issue certaine à cette situation. Une des solutions serait, selon moi, la construction de beaucoup de salles de classe dans les écoles publiques où les espaces ne manquent nullement pour en construire. En plus cela, il convient de les moderniser en les surélevant comme on le voit avec les lycées Kankou Moussa de Daoudabougou, Massa Makan Diabaté de Baco-Djicoroni ou encore Fily Dabo Sissoko de Djélibougou (quartiers populaires de Bamako). Cela doit être repris dans toutes les régions.

Les 126 000 FCFA attribués aux écoles privées comme subvention pour chaque élève constituent néanmoins un manque à gagner pour l’État, s’il s’engage dans cette solution.

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