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Commerce : Sur le tronçon Bamako-Abidjan : payer à tous prix (troisième partie)

Le poste de contrôle frontalier de Zegoua, à la frontière avec la Côte d’Ivoire, est très craint des commerçants, non pas pour le caractère strict du contrôle mais à cause de la gourmandise des agents en service. « Ils n’hésitent pas à vous vider les poches », témoigne une voyageuse.  

(….) Au poste de contrôle de Bougouni, plusieurs camions attendent en file indienne. Sur les bords des routes, certains passagers se ravitaillent en aliments et sodas auprès des vendeurs ambulants. Dans le bus, l’apprenti annonce aux passagers que la collecte pour soudoyer les agents de Bougouni a donné 62 000 Franc CFA. Et d’ajouter, qu’il espère que l’agent chef ne se montrera pas trop gourmand aujourd’hui. Le bus stationne. Certains passagers suivent pour la deuxième fois les agents de la douane à leur bureau pour retirer leur pièce d’identité contre un billet de 1000 FCFA.

Le chauffeur et l’apprenti du bus se rendent ensuite au bureau de l’agent chef avec en poche les 62 000 Franc CFA. Quelques minutes après, ils regagnent ensemble le bus. L’apprenti appelle les passagers à s’installer. Dès que le chauffeur donne le premier coup d’accélérateur, l’apprenti se lève suspendu à une rambarde pour faire le point de la rencontre avec le chef du poste de contrôle. Il explique qu’ils ont remis 60 000 Franc CFA à la douane au lieu de 45 000 Franc CFA qu’ils avaient déclaré. « Il y a trop de marchandises dans le bus. Ils n’ont donc pas accepté 45 000 Franc CFA. Nous avons négocié en vain. On a donc fini par lui donner les 60 000 Franc CFA qu’il réclamait. Il reste donc 2 000 FCFA », affirme-t-il. Avant de s’asseoir, il explique que l’argent restant servira à gérer la prochaine étape : le poste de contrôle de Sikasso.

« Ils n’hésitent pas à vous vider les poches »

A 370 km de Bamako, la ville de Sikasso compte deux postes de contrôle : une à l’entrée et l’autre à la sortie. Le dernier est connu sous le nom de poste de contrôle frontalier de Zegoua. Il est très craint des commerçants non pas pour le caractère strict du contrôle mais, pour la gourmandise des agents en service. « Ils n’hésitent pas à vous vider les poches », témoigne Alima toujours craintive. Au poste de contrôle frontalier de Zegoua, Maliens et étrangers sont égaux. Tous doivent payer la somme de 1000 Franc CFA à la douane pour espérer revoir leurs pièces d’identité collectées comme d’habitude à la descente du bus par un agent. Peu importe la pièce d’identité du voyageur, valide ou pas, il est contraint de payer. La sommation est directe et sans commentaire. Ceux qui refusent de coopérer sont d’office reconduits par les agents, sans leur pièce d’identité et sans discussion. Les voyageurs récalcitrants sont intimidés et souvent menacés de passer un moment au trou.

Ici également, les agents prennent le soin de recevoir les voyageurs un par un, dans une salle de 300 m2 servant à la fois de dortoir et de bureau. Deux agents sont installés, l’un faisant l’appel, l’autre recueillant les 1000 Franc CFA des voyageurs. Ceux ayants des passeports Maliens et qui ne devraient rien payer sur le territoire malien, sont obligés de payer également 1000 Franc CFA s’ils souhaitent que soit estampiller dans le passeport la preuve de leur passage à la frontière. La scène paraît tellement normale que chaque voyageur, avant même l’appel de son nom, a déjà prévu en avance les 1000 FCFA à remettre aux agents.

De l’autre côté de la frontière, c’est la Côte d’Ivoire. Nous vous raconterons ce qui y attend les passagers dans notre prochain billet.

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Les commentaires récents (2)

  1. même chez nous, les porteurs d’uniforme ne respectent pas
    comment les autres vont nous respecter, malgré qu’on a tous nos papiers en règle, on nous soutire de l’argent encore

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