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Indignés par les milliards de Notre-Dame, qu’avez-vous fait pour vos mausolées ?

Après l’incendie de la cathédrale Notre-Dame, les murs Facebook se sont enflammés pour critiquer l’élan de générosité qu’il a suscité. Le blogueur Georges Attino s’interroge : combien les Maliens ont-ils donné pour sauver un bout du patrimoine du Mali ? 

Sur les réseaux sociaux, les « experts autoproclamés en gestion de fonds » avaient les meilleures idées sur l’utilisation de l’argent donné par des citoyens d’un autre pays, pour quelque chose qui leur est cher : Notre Dame. Dans ces dizaines de conseils plus judicieux les uns que les autres, ils oubliaient tout bonnement qu’ils n’avaient, eux-mêmes, pas donné un Franc pour leur propre patrimoine au Mali. Pour El Boukhari Ben Essayouti, conservateur du patrimoine et chef de la Mission culturelle de Tombouctou, cette indignation des Maliens est paradoxale.

« Aucun riche patron ou autre grande entreprise comme Orange Mali, ou Malitel n’a donné un rond pour financer la reconstruction des mausolées. D’ailleurs, aucun pays africain n’a contribué. En plus de cela, c’est un Malien comme Ahmed Al-Faqi, qui a été jugé par la CPI pour avoir détruit les mausolées et ce sont l’Union Européenne et la Suisse qui ont financé la reconstruction », s’indigne celui qui a supervisé la reconstruction des mausolées de Tombouctou. En juillet 2012, 14 mausolées érigés pour certains des 333 saints ont été détruits par des membres du groupe Ansardine d’Iyad Ag Aly.

Qu’avons-nous fait pour notre patrimoine ?

Où étaient ces grands noms que les griots chantent à longueur de journée pendant les sumu ? Peut-être en train de rivaliser dans l’obtention de signes extérieurs de richesse, prendre une deuxième femme, construire un immeuble ou distribuer des liasses de billets lors des grands sumu, acheter des chevaux, des voitures de luxe ?

Sous l’occupation des régions de Tombouctou, Gao et Kidal, les manuscrits de Tombouctou étaient menacés de destruction. Nombre d’entre eux ont été sauvés et restaurés grâce à l’ONG SAVAMA DCI. Ce plan de sauvegarde et de restauration des manuscrits arabes de Tombouctou, qui a opéré de 2013 à 2018, a été financé par la coopération suisse. La restauration du monument Alfarouk de Tombouctou a bénéficié de financements de l’Unesco. Agissons pour sauver ce qui est important pour nous, au lieu de critiquer les autres.

Apprendre à nous financer nous-mêmes

Il est possible de compter sur les doigts d’une main les Maliens qui ont acheté un album ou payé pour assister à un concert des patrimoines immatériels que sont Fissa Maïga, Oumou Sangare, Salif Keïta, Tinariwen, Inna Baba, Toumani Diabate, Ben Zabo…Va-t-on attendre le jour où ils auront une maladie et faire un post pour demander de l’aide et ensuite accuser le ministère de la Culture de non-assistance ?

C’est à nous de chercher de l’argent et de l’investir dans ce qui est important, dans le patrimoine de notre peuple et de notre nation au lieu de critiquer les autres, parce qu’ils accordent de la valeur à leur patrimoine, leur histoire. Soyons jaloux de cela, et faisons de même pour les nôtres, parce que notre inaction est le pire incendie qui consume et brûle à petit feu notre histoire, celui de nos peuples et de la nation.

A ce propos, il y a les appels au don pour la restauration de la mosquée de Bobo-Dioulasso. Il est encore temps de faire un geste.

 

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