Refondation de la gouvernance au Mali : quel rôle pour les légitimités traditionnelles ?
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Refondation de la gouvernance au Mali : quel rôle pour les légitimités traditionnelles ?

La prise en compte des légitimités traditionnelles est au cœur des débats en cours sur la refondation de la gouvernance au Mali.

Au Mali, les autorités coutumières, traditionnelles et religieuses sont le dernier recours. Aussi bien pour le pouvoir quand celui-ci est dos mur que pour les citoyens. Pourtant, malgré leur importance dans l’équilibre social, les légitimités coutumières, traditionnelles et religieuses n’ont aucun poids décisionnel. Dans le meilleur des cas, leur implication dans la gestion des affaires publiques se limite à un rôle strictement consultatif ou bien à la médiation au niveau communautaire. Alors que ce sont des autorités mieux implantées et proches des populations.

Pompiers

Plutôt que d’être des leaders de pôle de développement à travers le pays, ces autorités se voient assigner le rôle de pompiers, habiles à éteindre tout incendie qui menacerait la maison commune dont elles sont pourtant tenues éloignées des sphères décisionnelles.

Jusque-là, c’est la seule institution non conventionnelle ou informelle qui donne des signes de vitalité et d’utilité en dépit des turbulences politiques et des mutations sociales qui ont secoué le Mali ces dernières décennies. Comme en témoigne la crise multiforme en cours qui a vu les représentants de l’appareil d’État abandonner les populations à leur sort.

Pouvoirs de décision

Les autorités de la transition semblent avoir compris le rôle important que jouent ces acteurs. Début novembre, des représentants de légitimités coutumières, religieuses et traditionnelles, venus des différentes régions du pays, ont été tour à tour reçus par le premier ministre Choguel Maïga et le président  Assimi Goïta. Ce dernier a promis plus de responsabilités aux légitimités dans la gestion des affaires publiques. Et un macaron et le drapeau national qui flottera bientôt chez chaque chef de village.

Selon un communiqué de la présidence de la République, cette rencontre était une première. Au-delà du symbole, les promesses des autorités doivent être traduites en actes dans les réformes à mener au cours de la transition. En accordant notamment un statut et plus de pouvoirs de décision à ces légitimités.

Il y a, bien sûr, cette interrogation en suspens : en accordant un pouvoir de décision aux légitimités traditionnelles, coutumières et religieuses, ne risque-t-on pas de créer des conditions de collusion entre les différentes sphères d’autorité ? Cela ne rendra-t-il pas la cohabitation des légitimités encore plus complexe ?

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Les commentaires récents (1)

  1. Depuis , l’avènement de la démocratie dans notre pays, les religieux se mêlent à la politique, ils n’arrivent pas à remédier nos contraintes sociaux. Et tout les pires que nous sommes animés ne sont que des leaders religieux, ils sont le leitmotiv de la gouvernance dans l’obscurité.