Arrangé consenti mariage lettre à ma meilleure
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« Arrangé ou consenti, le mariage est un couteau à double tranchant »

Dans cette lettre à son amie Maria, étudiante aux Etats-Unis, une avocate s’occupant du cabinet de son défunt père étale ses difficultés à concilier vie familiale et professionnelle. Avec sa belle-famille, rien ne va, au point que son mari Aziz veut convoler en secondes noces. Sous la plume de Salimata Traoré, elle ne boude pas son plaisir à dire tout le peu de bien qu’elle pense du mariage. 

Ma chère Maria,

Si tu savais à quel point tu me manques. Depuis ton départ aux États Unis, je me sens si seule. Et pourtant, tout le monde pense que je vis le grand bonheur. J’ai un mari riche, j’ai mes parents, mes frères et sœurs, que demander de plus? Dans la logique, rien. Mais ma chère amie, tu es la seule qui m’a toujours comprise et soutenue. Sans toi, ici, j’ai l’impression que je ne vais plus tenir longtemps.

Né Dagawili teri (ma meilleure amie),

Rien ne s’améliore, les choses vont de mal en pis. Mon époux Aziz et sa famille font de ma vie un véritable enfer. Ça fait quatre mois que Aziz ne dort plus dans la même pièce que moi, et quatre mois que ni ma belle-mère ni ma belle-soeur ne m’adressent plus la parole.

Le seul moment où je m’évade vraiment, c’est quand je pars dans mon cabinet le matin. Souvent, je n’ai même pas envie de rentrer à la maison le soir. Comment avoir hâte de rentrer dans une maison où la majeure partie des gens qui y vivent sont contre toi ? Je comprendrais si celui qui m’avait épousée me soutenais. Mais qu’il soit le premier à m’ignorer est tellement dommage ; ça me fend le cœur.

Seconde épouse

Aziz veut que je ferme mon cabinet : il dit que mon rôle est de m’occuper de lui et de sa famille. Pourtant, je fais tout mon possible, ma soeur de cœur. Je me réveille entre 4h et 5h du matin pour cuisiner le petit déjeuner et le déjeuner et je fais la table, car je n’ai point envie de laisser mon rôle entre les mains de ma bonne. Pas tout le temps, mais au moins trois jours sur les cinq ouvrables, je reviens pour déjeuner avec tout le monde.

Tu sais, c’est une grande famille, donc il y a fréquemment du monde à la maison. Mais, absolument tous les soirs, je suis à la maison à 16h, histoire de passer du temps avec ma belle-famille et de préparer le dîner avant le retour de Aziz. Hormis cela, ma chère, je fais tout mon possible pour être serviable et une bonne épouse, belle-fille et belle-sœur. Mais, mes efforts sont sans succès.

Maria,

Aziz m’a connue quand je gérais le cabinet que mon père m’a laissé comme héritage. Ce cabinet est le patrimoine de ma famille et je suis l’aînée, la seule qui puisse le gérer avant que mon petit frère, Badra, et ma petite soeur Zahara, ne finissent leurs études. D’ailleurs tu le sais très bien, c’est grâce à ce cabinet que je donne de l’argent à ma mère pour gérer les dépenses de la maison et pour payer les études des petits. Et pourtant, il est au courant de tout ça.

Est-ce juste de me demander de choisir entre le cabinet, qui représente toute ma famille, et ma belle-famille? Ne doit-il pas avoir de la compassion pour ma famille, vu qu’on dit chez nous les Bamanan que, quand tu épouses une personne, sa famille devient ta famille et vice-versa? Je me sacrifie nuit et jour pour nos deux familles, mais lui, il peine même à appeler ma mère et est encore loin passer la voir.

Je ne reconnais plus mon époux. J’ai l’impression que ce n’est pas le même qui m’a demandé en mariage. Ce jeune homme qui était si juste et aimant. Mais je me demande si ce n’est pas moi qui ai fait une erreur en rentrant dans ce mariage, tout en sachant très bien que cela n’enchantait pas trop ma belle-mère. Comment blâmer un enfant d’être du côté de sa mère ? Après tout, c’est sa mère. J’ai juste été aveuglée par cette fameuse phrase : « Tout ira bien, ma mère est toujours comme ça au début, mais tu verras elle na pas de problème. »

Couteau à double tranchant

Aujourd’hui, l’espoir m’abandonne. Je vis au jour le jour. La discussion principale de chez moi porte sur la prise d’une seconde épouse. Apparemment, une fille que la mère de Aziz voulait pour Aziz depuis toujours. Moi qui n’ai jamais pensé avoir de coépouse, est-ce finalement mon destin d’en avoir, Maria? Je ne sais pas si je pourrais supporter. Car, je sais d’avance que cette polygamie ne sera pas juste, comme dans les lois de l’islam.

La preuve, mon mari ne m’a jamais parlé du fait qu’il va épouser une seconde épouse. Or, je ne fais qu’entendre parler des préparatifs de gauche à droite. J’avais cru qu’en choisissant moi-même mon mari, je serais à l’abri de certains problèmes. Mais quand j’y pense, je me dis qu’arrangé ou consenti le mariage est un couteau à double tranchant.

Ma meilleure amie,

Je te demande juste une faveur : continue durement tes études et obtiens ton diplôme. Si aujourd’hui je tiens un petit peu, c’est à cause de mon travail au cabinet d’avocat de mon défunt père. Dans mon foyer, on me déteste puis-je dire, mais au travail je sauve des vies au quotidien et j’impacte positivement ma société. Finis vite et revient nous, je t’embrasse très fort.

 

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Les commentaires récents (4)

  1. Pour moi Salima doit cherche a parle a son mari lui faire savoir qu’il est toit pour elle , si cela ne marche pas d’en parle a celui qui a fait le demarche de leur mariage ou le plus age de sa famille, ou son meilleur ami a qui il peut exoute quelquand soit la sitiations

  2. Bon,dans un foyer il y’a beaucoup de chose.Moi je la question. Au moment où vous vous n’avez pas tendu compte que Salimata ne peut pas laisser le travail que son père pratiquait? Elle fait ce travail pour nourrir sa famille et pays la scolarité de ses petits frère.

  3. akarimi kaku resha siko kagutwara,

    je ne suis pas une feminist, mais je sais reconnaitre que dans notre societe actuelle les hommes sont sans scrupule, manipulable et tres decevant!

    ils ont tendance a se sentir inferieur quand ils ont une femmes qui sait soccuper delle et de son foyer!
    plutard dans la vie avec le recule et le temps, ils finissent par comprendre!
    et ceux qui on reussi a demander a leur femme de choisir et qui lon fait, finissent tjrs par regretter, car il se rendent compte de la chance quils ont laisser filer!

    un conseil, etre forte et patiente, tout se paye un jour!! les femmes fortes ne sont pas celle qui tienne tete a leur mari, mais qui trime jour et nuit pour subvenir au besoin de leur famille, qui savent qu’un homme aura tjrs sa place et quil faut quil se sente bien dans son foyer autant que la femme et les enfants!!

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