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Son mari mort sans testament, la belle famille s’empare de l’héritage

Nous vivons dans une société où, quelle que soit la légitimité de la femme (mariée légalement à son mari), celle-ci rencontre toujours des difficultés pour faire valoir ses droits. Même mariée et avec des enfants, elle n’a pas le droit de jouir des privilèges de son mari, qu’il soit mort ou vivant. Un problème lié à un principal facteur : une croyance erronée qui est là pour déstabiliser la femme en lui faisant croire qu’elle ne peut gérer, à elle seule, le patrimoine de son mari. Surtout si ce dernier venait à mourir sans testament, écrit la blogueuse Fatim Touré.

L’histoire vraie de Cheick Sissoko, un grand homme, riche, travailleur avec à son actif plusieurs entreprises et biens mobiliers, en est la preuve concrète. Cheick Sissoko avait une femme du nom de Sissoko Ramata Sy. Ramata était de ces femmes qui savaient bien ce qu’elles voulaient. Celles qui ont une vision claire et nette de leur vie et de leur avenir. Celles qui ne prêtaient pas bien attention à ce que les gens disaient d’elles.

Selon elle, un mariage c’est comme une équipe où l’homme et la femme se complètent pour gagner. Le mariage pour elle, ce n’était pas une dictature où l’homme est le seul maître et la femme juste là pour exécuter des ordres. La société malienne n’est pas vraiment « fan » de ce genre de femmes qu’elle trouve hautaines, trop fières , très arrogantes, donc dangereuses.

Courageuse et entreprenante

Bref, étant de nature courageuse et entreprenante, Ramata Sy s’est bien impliquée dans les affaires de son mari, en essayant de connaître petit à petit les ficelles de son métier : les secrets de son business, les astuces de sa réussite. Elle n’hésitait pas à lui donner des conseils ou à donner son avis sur une décision importante, pour le plus grand bien de son mari.

De l’autre côté, cette situation ne plaisait pas à la famille de Cheick Sissoko. Selon eux, leur frère n’avait pas le droit de mêler sa femme à son business. Surtout que Cheick Sissoko avait mis sa femme dans toutes les bonnes conditions. Il cédait à plusieurs de ses caprices et lui offrait tout : voiture de luxe, voyage à l’extérieur, compte en banque assez garni, petit cadeau de temps à autre etc. Cela gênait énormément la famille de Cheick.

Le début du calvaire

C’est la réalité dans notre société au Mali, lorsque le mari cède aux caprices de sa femme, on dit que cette dernière l’a marabouté. Comme si cela ne devrait pas être normal de bien traiter la personne avec qui on partage notre vie. Des années plus tard, alors que les choses suivaient leur cours, Cheick Sissoko a fait un accident qui a bouleversé sa vie. Il a été interné dans une clinique. Selon les médecins, il ne lui restait pas beaucoup de temps à vivre. Le début du calvaire, pour Ramata.

Lorsqu’une femme s’occupe bien de son mari, cela paraît normal : la société dit que c’est son rôle en tant que femme d’être aux côtés de ce dernier pour le soutenir et le supporter. Étant à l’hôpital, Cheick Sissoko a reçu la visite de plusieurs de ses proches ainsi que leur soutien indéfectible mais aucun d’entre eux n’a pu remplacer les efforts de sa femme.

Cheick Sissoko, sur son lit d’hôpital, menait deux batailles : la première contre la mort et la seconde contre la peur en imaginant ce qui pouvait arriver à sa femme, ses enfants et ses biens si jamais il venait à mourir. Plusieurs théories lui taraudaient l’esprit : est-ce qu’en léguant toute sa fortune ou son entreprise à ses frères, ces derniers traiteront sa femme et ses enfants comme lui le faisait ? Il espérait tout de même.

L’épineux problème de l’héritage

Quelques mois plus tard, après une bataille durement menée contre l’ange de la mort, il finit par s’endormir pour toujours. Tout comme il l’avait deviné, ses parents se sont emparés de tout ce que Cheick avait laissé comme bien : voiture, maison, parcelle de terrain et compte en banque. Sa femme et ses enfants, malgré leurs multiples tentatives, n’ont pas pu entrer en possession de quoi que ce soit.

Le problème de l’héritage est un fléau qui détruit notre société, surtout que pour certains, la femme n’a pas son mot à dire. Qu’elle ait des enfants ou pas. La société, la tradition et la culture ne lui sont pas favorables. Ayant un penchant pour la cause féminine, selon moi, les hommes doivent vraiment prendre les histoires d’élaboration de testament au sérieux. Si Cheick l’avait fait, tout cela ne serait pas arrivé.

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Les commentaires récents (6)

  1. Bien vrais que la famille de cheik n’a pas raison ici, mais cela ne doit pas change le statut de femme dans l’héritage. Même la loi malien demande aux religions de gère les questions d’héritage,à-travers l’appartenance religieux du disparu.
    Selon la religion musulmane le testament est une apostasie aux faces à la charia.

  2. Que ca soit en droit ou en religion les ayants droit d’un homme marié son ses deux parents, sa femme et ses enfants. En aucun cas les freres et soeurs ne peuvent intervenir sauf dans le cas ou tu n’a aucun des personnes cités ci-dessus en vie. Il suffisait d’établir un jugement d’héredité et saisir la juriduction competante pour obtenir ses parts.

  3. Hello Fatima, c’est toujours un plaisir pour moi de te lire ici aussi. Tes articles sont imbibees de sens et de portees. Merci pour ton ouverture d’esprits et ta combativitee dans une societe qui exclu constament les femmes.

  4. Salut bloguese, j’espere que tu me lira ausssi, c’est en fouillant sur ta page facebook que je suis tomber sur cet article, j’avoue que j’aime bien la clartee avec la quelle tu expose les probles de la societe. comme tu l’as dit le sujet de testament est un sujet tres tabou, nous africain pensons que tout ce qui vient du blancs est mauvais en soi or ce n’est pas toujours le cas.

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