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Ces slogans vides de sens qui m’énervent

La campagne électorale a débuté il y a plus d’une semaine maintenant au Mali, en vue du premier tour de l’élection présidentielle du 29 juillet 2018.  La cour constitutionnelle a validé les candidatures de 24 candidats. Mais ce qui m’exaspère, ce sont surtout les slogans qui n’ont aucun sens créés par les candidats et leurs équipes. On a l’impression qu’ils sont candidats à la présidence du Ghana ou de l’Ouganda, des pays qui ne sont pas en guerre et ne sont pas situés au Sahel, écrit la blogueuse Fatouma Harber.

Consolidons quelle paix ?

Le premier à rater le coche dans cette affaire est le président sortant, mon oncle, Boua, avec deux slogans incroyables : « Ensemble consolidons la paix » (en français) et « Anw ka Maliba be ka ta ne »  (« Notre grand Mali avance » en bambara).

En lisant ces slogans, il me semble qu’IBK ne vit pas au Mali, qu’il n’en connaît  pas les réalités que vivent les Maliens.

La signature de l’accord pour la paix et la réconciliation pouvait être un bon point dans son bilan s’il avait voulu nous en présenter un, mais Monsieur et sa famille – pas que politique – ont préféré taxer sur le même discours populiste et édulcoré qu’en 2013, qui a permis à un parti politique inexistant de se retrouver au pouvoir et de renaître de ses cendres.

« Consolider la paix » alors que le centre du pays est complètement en feu à cause des conflits intercommunautaires sur fond d’exactions des militaires et de massacre de ressortissant d’une communauté ? Tout ceci nous mène vraisemblablement vers une nouvelle rébellion dans cette zone.

« Consolider la paix » et « notre Mali progresse » alors qu’il est pratiquement impossible de quitter la région de Tombouctou par les voix connues Tombouctou-Douentza-Mopti, sans courir le risque de sauter sur une mine, de se faire braquer, tuer ou violer par les bandits armés ?

Si le Mali progresse, ai-je envie de vous dire, ce n’est pas vers la paix, le développement ou le bonheur. Nous courons vers quelque chose d’autre,  malheureusement.

« Nous ne sommes pas ensemble »

Il est temps de voir la réalité en face : les populations du nord de ce pays sont complètement abandonnées par le pouvoir central de Bamako et le Centre est en train d’être perdu, comme le Nord a été perdu en 2012.

À IBK et son équipe de campagne, j’ai envie de dire ceci : votre « ensemble » et ces personnes qui semblent représenter la diversité du Mali pour votre cellule de communication ne représentent rien pour nous. Nous ne sommes pas ensemble mon cher président ! Nous sommes à Tombouctou, jetés dans notre désert avec des difficultés pour avoir de simples trottinettes pour nos enfants, avec des médecins qui prennent la poudre d’escampette juste après leurs prises de service ; nous sommes sans routes et sans protection du gouvernement qui est censé assurer la liberté des personnes et des biens de tous les citoyens maliens.

S’il y a une chose que vous avez pu consolider, monsieur le président, c’est la déroute de l’État. Pour que ce pays avance, il faudrait vraiment que vous quittiez le pouvoir Boua! A BLA !

Dans la deuxième partie, je parlerai des slogans des candidats Soumaïla Cissé et Aliou Diallo.

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