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Non, tous les Tamasheq ne sont pas des rebelles !

Depuis la rébellion de 2012, une certaine méfiance s’est établie à l’égard des communautés d’origine « blanche » du Mali, notamment les Tamasheks. Pourtant, beaucoup de Tamasheqs n’ont rien à voir avec la rébellion, écrit le blogueur Youssouf CISSE. 

Depuis l’indépendance en 1960, les rébellions sont récurrentes au Mali. Le pays en a connu quatre, parties de Kidal, la capitale de l’Adrar des Ifoghas. Du coup, tous ceux qui viennent de ces contrées sont taxés de rebelles.

Je suis tamasheq, même si j’ai la peau noire. Je comprends plusieurs langues du Mali. Mais dès que je me présente, on me regarde avec méfiance, car dans mon nom se trouve le mot « Ag ». Pourtant « Ag » veut dire simplement « fils de » Mais tous les grands ténors de la rébellion sont des « Ag ». En conséquence, toute personne qui porte un « Ag » dans son nom est suspect.

La méfiance

Je me souviens encore, en 2012, lorsque nous fuyions les hostilités dans les régions du Nord. Dans un poste de contrôle de Thy, à Sévaré (Mopti), j’ai sorti mon téléphone pour passer un appel avec les parents et un militaire me crie dessus en ces termes : « Toi là-bas, il ne faut pas appeler vos gens pour leur donner notre position hein ». Cela m’a fait mal d’entendre ce genre de propos.  Beaucoup de gens refusent de comprendre qu’on peut être Tamasheq ou Arabe, noir ou blanc, sans être rebelle.

Un jour, je me suis arrêté à un feu tricolore à Bamako, et comme par hasard, un petit Tamasheq à la peau claire vient nous demander la charité. J’entends un jeune rétorquer : « Qu’est-ce qu’il cherche, celui-là ? C’est eux qui sont la cause de tous les maux du Mali. » Si le petit Tamasheq était parmi ceux qui créent les problèmes au Mali, il ne demanderait pas l’aumône, mais utiliserait ses armes pour prendre ce qu’il veut. Le fait qu’il demande la charité montre peut-être qu’il est lui aussi victime de cette guerre, comme tous les autres Maliens.

Bienveillance

Les rebelles assument ce qu’ils font, et c’est à eux seuls qu’il faut demander des comptes. Mais les gens de leur communauté n’ont pas à payer pour leurs actes. Nous devons être bienveillants les uns envers les autres, et comprendre que nous sommes tous des enfants du Mali.

Nous devons arrêter ces préjugés et nous faire plus confiance car on ne pourrait avancer l’un sans l’autre. C’est le sel de Taoudéni, mélangé au gombo vert de Sikasso, préparé sur le gaz de Bamako, qui est succulent. Nous sommes donc complémentaires.

 

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