Apprendre l'anglais au Ghana (1) : dans la bulle de l'entre-soi non-anglophone
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Apprendre l’anglais au Ghana (1) : dans la bulle de l’entre-soi non-anglophone

Apprendre l’anglais au Ghana : l’envers du décor (1). Les étudiants non-anglophones préfèrent le plus souvent rester dans leur bulle. Résultat : plus d’un an après, certains n’arrivent pas à parler la langue de Shakespeare.

La destination par excellence pour les francophones qui désirent apprendre  ou améliorer leur niveau en anglais est le Ghana, pays anglophone avec environ 30 millions d’habitants. Chaque année, ils sont des centaines de non-anglophones à venir dans ce pays dans l’espoir d’apprendre à bien parler anglais en quelques mois. Certains y viennent pour des cours intensifs et finissent par suivre des cours normaux, convaincus que l’apprentissage d’une langue nécessite aussi la pratique. 

Parmi les centaines de francophones, tout le monde n’a pas les mêmes motivations. Certains apprennent l’anglais dans l’espoir d’augmenter leur chance d’obtenir un meilleur travail quand ils parlent cette langue en plus du français. C’est le cas de Emma D., journaliste indépendant malien : « J’ai compris que l’anglais était primordial maintenant. Donc, je veux mettre toutes les chances de mon côté lors de mes prochaines recherches d’emploi. » D’autres, en revanche, y vont pour juste apprendre à parler anglais. Nadège, de nationalité ivoirienne, est venue au Ghana pour deux mois et espère parler anglais avant son retour en Côte d’Ivoire. Elle confie qu’elle n’a pas les bases de la grammaire anglaise. « Je veux juste parler anglais. Le simple fait de m’exprimer en anglais sera une satisfaction personnelle. »

 « Ce n’est pas de notre faute »

Au nombre des candidats au départ pour un séjour linguistique au Ghana, il y a aussi ceux pour qui « ça n’a pas marché à l’école ». « Je n’ai pas pu poursuivre mes études. J’ai abandonné à partir de la 7e année et je suis là pour 6 mois », explique  Lamine C., un jeune malien. Il ajoute que l’anglais est difficile, surtout pour lui qui a déjà du mal à lire même le français. Pour la petite anecdote, quand on a demandé à Lamine C. de répéter « I come from Mali », mot pour mot, il n’y était pas parvenu après deux semaines de cours. Ils sont nombreux les apprenants, comme Lamine C., à avoir du mal à répéter un mot en anglais mais sont motivés et espèrent parler la langue très vite. Juste parce que c’est le Ghana, un pays anglophone.

Au Ghana, il n’est pas rare de rencontrer un non-anglophone qui ne parle pas anglais après avoir passé plus d’un an à l’apprendre. Cette situation est due au fait que les gens, s’ils sont tous francophones, préfèrent vivre entre eux. Par exemple, une dizaine d’étudiants d’un pays francophone, venus pour apprendre l’anglais, choisissent d’habiter le même appartement. Ils fréquentent la même école. Ainsi, ils partent et reviennent de l’école ensemble tout en parlant, bien sûr, en français ou dans leur langue maternelle. Cela est aussi le cas de mes concitoyens maliens qui, cerise sur le gâteau, choisissent en général une école de langue appartenant à un Malien. On y apprend l’anglais, mais le hic est qu’il n’y a que des Maliens qui y étudient. Les étudiants parlent plus en bamanakan qu’autre chose. 

Nous nous rendons tous au Ghana pour apprendre à parler anglais, mais je peux vous assurer que ce n’est pas ce que nous faisons la plupart du temps. Donc, chers parents, ne soyez pas étonnés quand nous revenons sans même avoir appris des notions de base en anglais. Ce n’est pas de notre faute. La faute en revient aux écoles que vous avez choisies pour nous. Je réserve les détails des conditions d’études et de vie au Ghana pour un autre billet.   

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Les commentaires récents (8)

  1. Je pense qu’ils apprendre l’anglais sans quitter leur pays. Aujourd’hui le Mali dispose plusieurs centre de formation en linguistique.

    1. Anonyme, je crois qu’une partie de l’article vous a échappé et qui est très importante. Il s’agit du coté pratique. Chose qui n’est pas évident lorsqu’on apprend chez nous

    2. Anonyme, je crois qu’une partie de l’article vous a échappé et qui est très important. Il s’agit du coté pratique. Chose qui n’est pas évident lorsqu’on apprend chez nous

    3. Anonyme, je crois qu’une partie de l’article vous a échappé et qui est très important. Il s’agit du coté pratique. Chose qui n’est pas évident lorsqu’on apprend chez nous au Mali

  2. Si l’anglais semble indispensable, faudrait-il s’en donner les moyens pour le parler. Pour n’avoir comme base académique que le niveau terminale du système éducatif malien, la passion et la persévérance aident plus que des voyages d’études coûteux pour un résultat aléatoire. Si vous décidez de quitter le Mali pour apprendre une langue étrangère, soyez étranger à vous même pour pousser vos limites et sortir de vos zones de confort pour réussir.
    PS: La prononciation et le listening sont à revoir m’a confié un ami du lycée désormais établi dans le pays de l’oncle Sam, prenant en le mot little qui se prononce à des années de ce que nous avons l’habitude d’entendre dans nos écoles.
    Osons l’aventure de l’apprentissage, de l’apprentissage de la langue à travers l’autre qui vous accueille de façon totale et entière.
    Mea Culpa ! C’est notre péché mignon et nous le payons souvent cher.

  3. Bel article. Quand on veut apprendre une langue étrangère comme l’anglais, il faut se déconnecter de ses racines, de sa langue. Cela s’avérerait efficace car pour apprendre mieux, il faut se débrouiller dans un milieu totalement étranger. Bon vent à toi ma chère. L’expérience peut servir les autres.