
Un document présenté comme un communiqué officiel du ministère de l’éducation nationale circule actuellement sur les réseaux sociaux sur la suspension des cours. Attention à cette intox.
Le communiqué affirme que « suite à une attaque terroriste survenue sur le territoire national, les cours sont suspendus du mercredi 27 avril 2026 au vendredi 1er mai 2026 inclus. » Il poursuit : « Les cours reprendront le lundi 4 mai 2026 ». Présenté avec un en-tête officiel, un cachet et une signature, le document peut paraitre crédible à première vue.
Cependant, plusieurs éléments indiquent dans la lecture que ce communiqué est un faux. Comme dans plusieurs cas similaires documentés par BenbereVerif, nous avons procédé à plusieurs vérifications.
1. Absence de diffusion officielle
Une décision de suspension des cours à l’échelle nationale ferait systématiquement l’objet d’une communication officielle relayée par les canaux du gouvernement, notamment la télévision nationale et les plateformes gouvernementales. Ce n’est pas le cas. Toutes nos recherches sur les pages officielles du ministère, ainsi que dans les médias publics, se sont montré infructueuses. Aucune publication ne confirme l’information.
2. Discordance du nom du ministère et du Ministre
Le document mentionne le « ministère de l’Education nationale, du Culte et des Sports », une appellation qui ne correspond à aucune dénomination officielle actuelle. Le ministère en charge actuellement de la question de l’éducation est intitulé simplement « ministère de l’Éducation nationale », pas plus. Le document est également signé par « Boubacar M. Traoré », alors que le ministre de l’éducation nationale actuel est Amadou Sy Savané.
3. Incohérences dans la forme
Comme relevé dans d’autres vérifications de faux communiqués, certains détails trahissent souvent la manipulation, notamment la numérotation, la mise en page et la formulation administrative peu rigoureuse. Le numéro attribué à ce communiqué « 2026-0 0 17/ MENCS-SG », comportant des espaces inhabituels (0 0 17), signe souvent d’une manipulation numérique de documents existants.
La circulation de ce faux communiqué intervient dans un contexte sécuritaire sensible. Depuis le 25 avril, plusieurs localités du pays ont été visées par des attaques coordonnées attribuées au Groupe de soutien a l’islam et aux musulmans (Jnim) et au Front de libération de l’Azawad (FLA), ravivant les inquiétudes autour de la situation sécuritaire nationale. Dans ce climat de tension, marqué par une forte attente d’informations et une vigilance accrue des populations, les contenus alarmants, notamment ceux évoquant des attaques ou des décisions d’ampleur nationale, se diffusent rapidement sur les réseaux sociaux.
Ce type de contexte crée un terrain favorable à la désinformation, où de faux documents, présentés comme officiels, peuvent facilement tromper et amplifier la confusion.






