Des salles de jeux de Bamako à l’e-sport : comment le jeu vidéo façonne la jeunesse
Non, la prise en charge des femmes enceintes et des nouveau-nés n’est pas gratuite partout au Mali
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Une vidéo diffusée sur Facebook affirme que les femmes enceintes au Mali bénéficient désormais gratuitement des échographies, analyses et soins – de la grossesse à l’accouchement. Il s’agit d’une information trompeuse.

L’affirmation provient d’un extrait vidéo publié le 27 janvier sur la page Facebook H2TV, suivie par plus de 600 000 abonnés, et issu d’un journal diffusé sur leur chaîne YouTube (suivi par plus de 400 000 personnes).

La présentatrice déclare que les femmes bénéficient gratuitement de soins depuis la grossesse jusqu’à l’accouchement. La vidéo, en langue bamanankan, a été partagée plusieurs dizaines de fois et est accompagnée du témoignage d’un agent de santé qui exerce dans le centre de santé communautaire de Garantiguibougou.

Que disent les faits ?

Selon Yaya Zan Konaré, président de la Fédération nationale des associations de santé communautaire du Mali (FENASCOM), cette gratuité s’inscrit dans le cadre d’un projet pilote appelé Direct Health Facility Financing (DHFF).

Les ressources financières sont transférées directement aux centres de santé, comme les ASACO (Association de santé communautaire) au Mali, au lieu de passer par des niveaux intermédiaires. « Ce projet vise à améliorer l’accès aux soins pour les femmes enceintes, les mères allaitantes et les nouveau-nés de 0 à 28 jours. Toutefois, il ne concerne que 53 centres de santé communautaires à travers le pays, dont 16 à Bamako. Il s’étend sur une période d’un an, de décembre 2025 à décembre 2026. », explique Yaya Zan.

À Bamako, les centres concernés sont répartis dans les communes I, III, IV et V, notamment ASANORD Korofina Nord, ASACOMSI Sikoro, ASACODJE Djelibougou, ASACOBA Banconi, ASACOKOUL Point, ASACOTOM, ASACOBAKON, ASACODES, ASACOHAM, ASACODJENEKA, ASACODJIP, ASACOSEK, ASACOGA, ASACOTORO, ASACOBAco et ASACOSAV1.

Le directeur technique du centre ASACOGA, Mohamed Kaba Diakité, confirme que la gratuité couvre les consultations prénatales, deux échographies, toutes les analyses ainsi qu’un certain nombre de médicaments. « Le projet couvre aussi 40 médicaments. Si d’autres médicaments sont prescrits hors de cette liste, le patient doit les payer. Tout le Mali n’est pas concerné. Et nous devons prendre en charge uniquement les personnes qui vivent dans notre aire de santé », ajoute-t-il.

En dehors de ce projet, respect de la politique définie par l’État, les centres de santé communautaires appliquent certaines gratuités. « La prise en charge des femmes enceintes ainsi que des enfants de 0 à 5 ans est garantie en cas de paludisme ou de VIH/SIDA. Au-delà de cela, nous pouvons juste reconnaître qu’il y a des actions de solidarité selon les réalités de chaque aire de santé », précise Yaya Zan Konaré.

En conclusion, l’affirmation selon laquelle la prise en charge des femmes enceintes est devenue gratuite partout au Mali est fausse. Il s’agit d’un projet pilote limité à certains centres, porté par l’État avec l’appui de partenaires tels que la Banque mondiale, le Fonds mondial et Gavi, en cours depuis fin 2025 et continu jusqu’à fin 2026 – avec possibilité de renouvellement.

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