Dans la commune rurale de Péléngana, dans le cercle de Ségou, la mairie cherche à renforcer le paiement de la Taxe de développement régional et local (TDRL) en misant sur la transparence, la restitution publique et la participation citoyenne. Mais malgré les efforts engagés, le niveau de recouvrement reste encore faible.
À Péléngana, le paiement de la TDRL ne se résume plus, pour les responsables communaux, à une opération de recouvrement fiscal. La mairie cherche désormais à convaincre les citoyens que l’argent versé peut contribuer directement à l’amélioration des services et des infrastructures de leur commune.
Dans la commune, les responsables locaux considèrent que le civisme fiscal dépend en grande partie de la confiance entre les citoyens et la mairie. « Nous avons compris que pour demander à un citoyen de payer, il faut d’abord lui prouver que chaque franc collecté va directement au service de la communauté », explique la maire de Péléngana, Diabaté Mamou Bamba.
Miser sur la confiance
La stratégie consiste notamment à expliquer aux populations comment sont utilisées les ressources collectées et à les associer au suivi des réalisations communales. « L’impôt n’est pas une punition, c’est le carburant de notre développement commun », insiste l’élue.
Cette volonté de rendre compte est également perceptible dans les témoignages recueillis auprès des habitants et des acteurs locaux. Pour certains, le fait de voir des réalisations dans les villages contribue à donner davantage de sens au paiement de la taxe.
Des citoyens davantage associés au suivi de la mairie
La participation citoyenne s’organise autour de plusieurs instances locales engagées dans le suivi des affaires publiques. Le Comité cadre de vie, dirigé par le conseiller communal Moulaye Seribara, traite des questions d’assainissement et de cadre de vie.
S’y ajoute le Comité de veille citoyenne, qui regroupe des jeunes, des représentants de la société civile locale, des membres de la CAFO (Coordination des associations et ONG féminines du Mali) et les comités de développement des quartiers. Il observe l’ensemble des sujets touchant à la vie de la commune. Ces derniers se réunissent trimestriellement et assurent un suivi permanent avec la municipalité, grâce à la présence d’un conseiller communal en leur sein et à une collaboration directe avec le maire chargé de la jeunesse — ce qui garantit, selon Oumou Sangaré, présidente de la CAFO et membre du comité, l’application des recommandations émises.
« Nous saluons l’initiative des comités de veille et du cadre de vie pour leur présence sur le terrain, notamment face aux problèmes récurrents de curage des caniveaux avant les pluies », témoigne Yaya Traoré, conseiller du chef de village de Jigo, situé à 7 km de Péléngana. « Cependant, le lien entre la mairie et les autorités traditionnelles manque encore de fluidité. Les décisions de la mairie tardent parfois à se concrétiser au niveau des villages, et nous aimerions être davantage consultés en amont des projets pour mieux sensibiliser nos populations », ajoute-t-il.
Un taux de recouvrement encore faible
Les efforts de sensibilisation et de transparence n’ont pas encore permis de résoudre le principal problème : le faible niveau de recouvrement de la TDRL.
Pour l’année 2025, 10 403 210 francs CFA ont été collectés, sur des prévisions de recettes au titre de la TDRL s’élevant à 34 729 000 francs CFA — soit environ 30 % des prévisions. Malgré ce niveau de recouvrement encore faible, les autorités de la commune considèrent que les mesures mises en place permettront d’améliorer les choses. « Les villages qui affichent les meilleurs taux de recouvrement voient leurs projets prioritaires inscrits en tête et l’octroi d’un tableau de reconnaissance », souligne Issouf Diarra, secrétaire général de la mairie.
La démarche participative a tout de même valu à Péléngana, en février 2026, le deuxième prix du concours entre les communes bénéficiaires du Projet de lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite (LUCCEI 2), organisé par le consortium anti-corruption composé de la Coalition des organisations de la société civile de lutte contre la corruption (CLC), de l’ONG ID-Sahel et de l’association Benbere — la plaçant au deuxième rang des dix communes évaluées.
