Fête traditionnelle : dans le Kunari, à la découverte du Tondodji
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Fête traditionnelle : dans le Kunari, à la découverte du Tondodji

Pour le blogueur Mahamane Boré, la fête traditionnelle du Tondodji, qui a lieu à l’approche de la saison des pluies dans le Kunari (Mopti), est à perpétuer. 

Le Tondodji est une activité champêtre, qui se déroule  périodiquement par les jeunes villageois à l’approche de la saison des pluies. Dans le Kunari (Macina, Moptià), cette fête n’est pas propre à une communauté et rassemblé Bamanan, Markas et Rimaïbès.  Mais avec la modernisation, elle est en voie de disparition.

Il est difficile de remonter avec exactitude à la genèse du Tondodji dans le Kunari, ancienne province de l’Empire peul du Macina, dans la région de Mopti. « Nous avons trouvé que nos parents le pratiquaient déjà», explique Issa Oumar Bouaré, un vieux cultivateur, 65 ans. 

Chaque année, avant l’arrivée des premières pluies, le leader de la jeunesse, avec la bénédiction du chef du village, convoque tous les jeunes à une réunion qui se tient au foyer des jeunes, appelé « Kounjè ». 

Préparation et déroulement 

Dans le Kounjè, les dates du début et de la fin de la cérémonie sont décidées à l’unanimité. Elle s’étend généralement sur dix jours. Pour la bonne organisation de l’évènement, chaque jeune doit payer une somme fixée par l’assemblée. Cet argent est utilisé pour la préparation du fusil à poudre noire et pour l’organisation d’une fête le onzième jour du Tondodji.

La veille, le foulard de la fille la plus célèbre du moment est attaché sur le grand arbre du Kounjè. Il doit y flotter durant les 10 jours de l’évènement.  Tout ce temps, les jeunes du village sont obligés de se réveiller et de se rendre au champ avant l’aube. Ils y passent toute la journée à creuser, à l’aide d’une houe, de petits trous dans lesquels seront semés des épis de mil accompagnés de fumier sous le soleil ardent. `

Les aînés s’occupent de la semence pendant que les plus petits détiennent des corbeilles en bois, mettant le fumier dans les trous. Quant à la pause, elle est observée uniquement pour les heures de repas. 

Manque de main-d’œuvre 

Aux environs de 18h, tous les jeunes se regroupent à l’entrée du village pour une séance de tir à l’arc et des fusils traditionnels chargés de poudre noire. Au crépuscule, chacun rejoint sa famille. Ces faits se répètent durant tout le Tondodji.  

Après dix jours de travaux champêtres, le onzième jour est traditionnellement un jour de travail collectif dans le champ d’une quelconque famille en manque de main-d’œuvre. Le matin de bonne heure, tous les jeunes du village se croisent dans le champ désigné. Tous joyeux et dévoués, le lieu est bien animé par les bruits de houe, l’odeur de fumier et de la causerie. Cette joie ne dure généralement que huit heures, puisque tout prend fin à midi. 

La fête après le travail 

La fête commence dès que le leader des jeunes met fin aux travaux. Le retour au village est marqué par une course de charrettes. C’est dans cette optique que les jeunes sont accueillis par des jeunes filles nubiles à l’entrée du village avec de la boisson naturelle, de la nourriture et d’autres petits présents. 

Des coups de fusils se suivent dans l’air sans cesse, le tam-tam et la flute donnent des sons agréables poussant tout le monde à faire mouvoir tout ou une partie du corps. Une fois dans le village, les vieux et les vieilles se donnent la peine de saluer et féliciter les jeunes gens. Le Tondodji est à perpétuer, car il permet aux villageois de se réunir et fortifier leurs liens. 

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