Du 4 au 14 décembre 2025, Bamako-Coura se transformera en un territoire d’expérimentations artistiques et citoyennes, fidèle à l’esprit qui anime le festival Les Praticables – depuis sa création en 2017.
Face aux médias, aux partenaires et aux acteurs culturels, les organisateurs ont rappelé que Les Praticables n’est ni un simple rendez-vous de spectacles, ni un événement hors-sol. Ici, la rue tient lieu de scène, la cour familiale devient théâtre, la façade se fait écran, et le voisinage est convié à prendre part à l’acte de création. Une approche qui a valu au festival une place singulière dans le paysage culturel malien.
À l’origine de cette aventure, Lamine Diarra, directeur artistique et fondateur, défend depuis ses débuts une vision précise : faire du quartier un partenaire, non un décor. « Le festival se construit avec la vie quotidienne des habitants », a-t-il rappelé. Pour lui, ce festival est pensé comme un processus continu, nourri par les récits, les tensions et les aspirations de Bamako-Coura.
Ouverture internationale et valorisation des talents locaux
Pour cette édition 2025, le programme s’annonce particulièrement dense. Pendant onze jours, des artistes maliens, africains et européens investiront l’espace public à travers des propositions variées : théâtre, danse contemporaine, performances urbaines, installations visuelles, lectures publiques et temps d’échanges. Plus de 70 artistes sont mobilisés, dont une quarantaine de créateurs maliens, illustrant la volonté du festival de conjuguer ouverture internationale et valorisation des talents locaux.
Mais l’ambition dépasse le seul cadre artistique. La conférence de presse a mis l’accent sur la dimension citoyenne du projet. Débats publics, « grins de lecture », recherches artistiques in situ et projets participatifs constituent l’ossature invisible. Ces espaces permettent aux habitants de s’approprier les œuvres, de dialoguer avec les artistes et parfois de devenir eux-mêmes interprètes ou cocréateurs. Une manière de réaffirmer que la culture peut être un outil de cohésion sociale et de réflexion collective.
Environ 10 000 spectateurs attendus, 31 représentations et rendez-vous artistiques, plusieurs expositions, deux grands débats publics, sans oublier des actions symboliques comme une performance culinaire menée avec les femmes du quartier. Autant d’indicateurs qui traduisent l’enracinement du festival dans son environnement humain et social.
Une programmation alléchante
Côté programmation, certains temps forts retiennent déjà l’attention. La venue de Habib Dembélé, plus connu sous le nom de Guimba National, s’annonce comme l’un des moments phares de cette édition. Avec Dioro Fali, l’artiste propose une performance teintée d’ironie et de critique sociale, à travers le portrait d’un personnage emblématique des petites combines du quotidien. Un spectacle attendu, tant par le public que par les professionnels.
Autre proposition majeure : L’Opéra du Villageois de Zora Snake, une création chorégraphique qui interroge la mémoire culturelle africaine, les objets d’art et les questions de restitution et de transmission. En mettant en dialogue danse contemporaine et patrimoine, l’œuvre s’inscrit pleinement dans les débats actuels traversant les sociétés africaines.
La jeunesse de Bamako-Coura occupera également une place centrale, notamment à travers un spectacle de rap porté par de jeunes artistes du quartier. Par leurs textes et leurs performances, ils feront entendre une parole ancrée dans les réalités sociales, rappelant que Les Praticables demeurent un espace d’expression privilégié pour les voix émergentes.
