#LaissezNousJouer : à Sebenikoro, la cour d’une école transformée en terrain de sport
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#LaissezNousJouer : à Sebenikoro, la cour d’une école transformée en terrain de sport

Des jeunes, à Sébénikoro, en commune IV du district de Bamako, ont transformé la cour de l’école Sebe en un véritable terrain de sport. Pour le blogueur Sagaidou Bilal, cela montre à quel point le manque d’espaces de sport devient critique dans ce quartier populaire.

C’est une école fondamentale appelée « Sebe », située en commune 4 du district de Bamako. Il s’agit d’un groupe scolaire public, que les jeunes sportifs ont dénommé « Cour Ba », qui signifie la grande cour en bamanakan à cause des espaces libres qui s’y trouvent.

En son sein, outre les classes construites, il y a encore de grands espaces libres qui sont utilisés, le petit soir, comme des terrains de sport par les jeunes du quartier. Dans la cour, s’entraînent simultanément trois clubs de foot : FC Ben Sy, FC Naja et FC Fofana.

Vers le côté sud-ouest de la « Cour Ba », se trouve un terrain aménagé pour jouer au basket-ball. Il est occupé par un club appelé « Seversy ». Aux quatre angles de ce terrain, sont implantés des lampadaires, permettant à l’équipe de basket de continuer l’entraînement au-delà du coucher du soleil. En plus de ce terrain de basketball, il y a également deux autres terrains sur lesquels on joue au foot.

Nouvelles classes

Ce ne sont pas juste de simples exercices pour garder la forme, mais plutôt des entrainements pour réaliser un rêve de devenir de grands basketteurs et footballeurs. C’est le cas, par exemple, d’Aliou, joueur du club du FC Naja qui, comme d’autres, me confie son ambition de devenir un joueur professionnel, soit avec son club actuel ou avec d’autres. Cependant, ces jeunes restent tous conscients qu’ils pourront être emmenés à quitter les lieux, car plusieurs fois, le directeur leur a indiqué que de nouvelles classes seront construites.

Une information qui m’a été confirmée par un autre responsable de l’établissement. Ce dernier est pourtant conscient que les jeunes sont là juste parce qu’il y a un manque de terrain : « Si jamais on commence avec la construction des nouvelles classes, les jeunes accepteront-ils de partir ? Si Oui, où iront-ils ? ».

Bien que la cour de l’école « Sebe » ne soit pas un centre d’entraînement sportif, la convoitise dont ses espaces font l’objet pour y faire du sport souligne, à mon avis, le sérieux problème de terrains au sein de la capitale pour les jeunes. « Que les autorités nous fassent de la place ailleurs ou nous laissent jouer dans la cour de l’école », résume ainsi Amadou, un jeune footballeur.

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