#MaliSansVBG : face à la violence conjugale, les femmes doivent partir
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#MaliSansVBG : face à la violence conjugale, les femmes doivent partir

Certaines femmes vivent l’enfer au quotidien dans leur foyer, mais restent malgré tout. Alors qu’elles ont la possibilité de partir. Une attitude que déplore Dramane Maïga.

Il y a des hommes qui pensent que montrer leur autorité passe par la brutalité. Il suffit qu’ils ne soient pas dans leur assiette pour que la femme prenne des coups. Malgré tout ce qu’elles subissent, les femmes victimes de violences conjugales, de leur côté, préfèrent ne rien dire à personne et rester dans leur foyer. Les raisons de ce choix sont, entre autres, la pression familiale, les enfants ou un amour aveugle pour le conjoint.

Les réalités des sociétés diffèrent. Au Mali, les traditions donnent une grande place à la femme. Elles sont considérées comme étant le soubassement de l’entente dans une famille. A son mariage, les parents de la femme l’exhortent à la patience, au pardon, au calme, à la résignation. On lui demande de faire tout ce que son époux veut et de ne jamais penser au divorce, peu importent les circonstances.

Otage de la tradition

Elle devient, en quelque sorte, prise en otage par la tradition et ses contraintes qui,  généralement, sont en sa défaveur. « Je suis partie une fois de chez mon époux et ma famille m’a ramenée après des discussions », me confie Aminata, une jeune dame de 21 ans.

Selon elle, les parents menacent même souvent en disant à leur fille que, si jamais elles quittent leur foyer, elle n’aura pas de place dans la famille. Aminata se demande finalement si sa vie sert à quelque chose du moment qu’elle est rejetée par ses propres parents.

Rester pour les enfants

Nous avons aussi certaines femmes qui, malgré le manque de respect à leur égard, même devant les enfants et d’autres personnes, restent dans le foyer. Certaines sont battues, à sang, humiliées au quotidien, traînées par les cheveux dans tous les sens mais restent tout de même.

Pour moi, ça n’a pas de sens. J’appelle cela bafouer sa dignité. D’autres aussi restent, disent-elles, pour les enfants. « Si je pars, qui prendra soin de mes enfants ? Qui va les éduquer ? Je reste pour eux car ils me sont plus chers que ma vie », m’a dit un jour une femme. Je suis resté muet d’étonnement après ses propos.

Mais je pense que rien, ni les parents, ni les enfants, ne doit être des excuses pour rester avec un homme qui maltraite. Rien ne justifie le fait de mettre sa vie en danger dans une relation sans issue. Si l’homme n’arrête pas, partez ! Les enfants resteront les vôtres et ils iront vous voir où que vous soyez si vous êtes en vie. C’est le plus important : la vie.

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