Centre du Mali : pourquoi il faut un Haut représentant du chef de l'État
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Centre du Mali : pourquoi il faut un Haut représentant du chef de l’État

La nomination du Pr Dioncounda Traoré comme Haut représentant pour le Centre reste sujette à débat. Jugée « coûteuse et inutile » dans un précédent billet,  cette mesure pourrait, selon Aly Bocoum, s’avérer bénéfique.

C’est un homme d’expérience et de défis qui a été appelé à la rescousse du centre du Mali. Les régions de Ségou et Mopti sont en proie à un déferlement de violences inédit depuis quelques années. Le dernier massacre en date à Sobane-Da, dans le cercle de Bandiagara, a fait une vingtaine de victimes.

Depuis 2015, ces régions sont le théâtre de l’activisme djihadiste, en plus des vieilles tensions entre groupes socioprofessionnels essentiellement liés à l’arbitrage des usages concurrentiels du foncier. Ces conflits se sont complexifiés au fil du temps.

Dans la foulée de la tragédie de Sobane-Da, le président Ibrahim Boubacar Keïta a estimé que « la côte d’alerte » avait été atteinte. En plus des mesures antérieures, notamment le réaménagement de la hiérarchie militaire, le chef de l’État s’est doté d’un Haut représentant pour le Centre, en la personne de l’ancien président de la Transition, Pr. Dioncounda Traoré.

A travers cette personnalité, le président Keïta a fait un bon « casting », à mon avis. Même si, dans cette partie du pays, le problème est  plutôt à rechercher au niveau du scénario. C’est-à-dire qu’il s’agit d’y interroger les causes profondes de l’insécurité. Et établir un diagnostic juste du mal qui devient contagieux pour le reste du pays et ses voisins. « Un bon diagnostic vaut mieux qu’une mauvaise thérapie », nous enseigne une sagesse bambara.

Nouveau paradigme

Sans surprise, la désignation de Dioncounda Traoré en qualité de Haut représentant du président Keïta a été perçu comme un aveu d’impuissance. Beaucoup d’internautes et commentateurs de l’événementiel politique malien ont jugé le poste « inutile et coûteux », comme l’a écrit un contributeur de Benbere.

Alors que depuis 2017, d’importants efforts ont été engagés par le Mali et ses partenaires pour contenir la crise, avec un bilan mitigé. L’insuffisance des réponses apportées à l’insécurité dans le centre du Mali imposait un nouveau paradigme. Dans une analyse publiée en avril dernier, l’Institut d’étude de sécurité (ISS) préconisait la nomination d’un Haut représentant du président de la République pour le Centre afin de pouvoir assurer la coordination des actions du gouvernement, mises en œuvre notamment dans le cadre du Plan de sécurisation intégré des régions du Centre (PSIRC).

C’est un programme ambitieux et multisectoriel, qui peine à produire les effets escomptés. Le volet développement, composante majeure du PSIRC, pâtit du climat d’insécurité sur fond de méfiance d’une part entre communautés, et d’autre part entre ces dernières et les représentants de l’État qu’elles accusent de n’avoir pas fait assez pour garantir leur protection.

Déjouer les complots

La myriade d’initiatives de dialogues et d’apaisement, les appels au désarmement lancés conjointement par les autorités et les associations culturelles et de ressortissants du Centre n’ont produit que peu ou pas de résultat, faute de connexion « aux processus décisionnels en mesure de changer la donne sur le terrain ».

Pour toutes ces raisons, il fallait envisager un cadre permanent d’interaction entre les populations locales et des mandataires de l’État au-dessus de la mêlée et au leadership avéré pour un début de solution dans le Centre.

Il ne fait pas de doute, à mon avis, que Dioncounda Traoré a le profil pour l’emploi. C’est à sa demande que la France est intervenue en 2013 pour stopper l’invasion islamiste aux portes de Mopti. Cette fois-ci, en plus de la revanche des islamistes, qui y dictent leur loi, le professeur de mathématiques devra déjouer les complots mettant aux prises certains groupes socioprofessionnels, qui ont vécu en harmonie des siècles durant.

Réussir la paix dans le Centre n’est pas la mer à boire pour l’ancien président de l’Assemblée nationale, pourvu que la volonté politique suive. Que chaque Malien comprenne que  la mission n’est pas une partie de plaisir. C’est la survie même de notre nation qui est en jeu. Le temps d’une mission, soyons des forces de propositions et faisons trêve de notre pessimisme ambiant. Faisons-le pour nos martyrs.

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Les commentaires récents (2)

  1. Dioncounda ne pourra pas. La politique politicienne ne peut finir ce qui est au centre. Cette zone du Mali a besoin d’un acteur sans partie prise venant de cette région. Sans quoi, rien ne pourra voir Kè jour en terme de paix. Dioncouda je ne doute pas de lui mais ce qui se passe au centre est fort que lui.

  2. Dioncounda ne pourra pas. La politique politicienne ne peut finir ce qui est au centre. Cette zone du Mali a besoin d’un acteur sans partie prise venant de cette région. Sans quoi, rien ne pourra voir Kè jour en terme de paix. Dioncouda je ne doute pas de lui mais ce qui se passe au centre est fort que lui.

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