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Dans le centre, il faut dissoudre les milices d’autodéfense

L’une des causes majeures de l’instabilité, surtout dans le centre du Mali, est la présence des milices d’autodéfense. Une question sur laquelle le gouvernement ainsi que les groupes ethniques, doivent redoubler d’efforts afin que la paix devienne effective, suggère le blogueur Youssouf Cissé.

La prolifération des milices nuit à la stabilité, car elle favorise le désordre, les règlements de compte et affaiblit l’autorité de l’État en sapant les fondements de la sécurité de la nation. Leur fonctionnement n’est basé sur aucune règle éthique et on retrouve parmi elles des personnes de toutes les mentalités : des individus mal intentionnés, repus qui prennent plaisir à se sentir en possession d’armes et qui ne sont pas capables de contrôler leurs émotions, contrairement aux soldats formés qui ont des règles de conduite à suivre. « Dissoudre les milices d’autodéfense est le premier pas important vers la paix », déclare Aboubacar Traoré, un militaire à la retraite.

A Mopti, dans le centre du Mali où elles se sont très bien implantées avec la création de différentes milices se réclamant de communautés dogon et peule, en l’occurrence Dana Amabassagou et l’Alliance pour le salut du Sahel, elles ont fortement contribué à l’instabilité. A Koro, dans le plateau dogon, différentes milices créées sur des bases communautaires se sont affrontés en répondant à l’appel au secours des communautés. Cela avait amené l’État à mettre en place une Commission d’appui à la réconciliation, qui s’est rendue sur le terrain pour demander aux différentes communautés de s’assoir pour discuter. Après le départ de la délégation, qui avait sillonné plus de 7 villages, les conflits ont repris. Les attaques sont quotidiennes et les familles vivent dans une constante vigilance.

Question de vie ou de mort

Les voix sont unanimes sur le fait que cette situation est devenue une question de vie ou de mort. « Peut-on en vouloir à des personnes qui décident de prendre des armes pour s’opposer à d’éventuelles attaques ?», m’a demandé Gérôme Guindo, un jeune dogon qui dit  comprendre les milices, bien qu’il soit contre le phénomène.

Aujourd’hui, les populations fuient ces localités pour échapper à la mort et les déplacés de Bankass sont là pour nous prouver à quel le problème est sérieux. « Si l’Etat assurait sa mission de protection des personnes et des biens, tout irait pour le mieux. C’est à l’État de mettre en œuvre tout ce qu’il faut pour que les populations soient dans la quiétude », ajoute Guindo.

Les milices n’ont pas de raison d’être et je suis convaincu qu’elles le savent. Mais, je le répète encore, le manque de confiance plane et chaque milice, issue des différentes communautés, croit que préparer la guerre est la meilleure manière d’avoir la paix. Ce qui n’est pas totalement faux, si on se met à leur place.  Les différentes communautés doivent mettre un peu d’eau dans leur vin et se faire confiance, mais le plus gros boulot doit venir de la part de l’Etat. Les autorités doivent prendre leurs responsabilités et être strictes dans le processus de désarmement, démobilisation et de réinsertion (DDR) lancé en faveur de ces milices.

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