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Que disent les députés de la grève dans l’éducation ?

Le Mali est un pays bien curieux où les sujets importants ne disent rien aux élus. Un pays injuste et inégalitaire selon la blogueuse Fatouma Harber. A travers ce billet, elle demande aux députés de se mobiliser pour que les enfants puissent reprendre le chemin de l’école.


Les écoles publiques et mêmes privées sont fermées depuis quatre mois pour cause de grèves : celle des enseignants et celle de l’Association des élèves et étudiants du Mali ( AEEM), dont la position est que si les écoles publiques n’étudient pas, les privées ne le doivent pas non plus !
Tout cela s’est passé dans l’indifférence des associations de parents d’élèves, qui n’ont commencé à donner de la voix que lorsque l’AEEM a commencé à faire sortir des classes les élèves dans les écoles privées.

A croire que nous ne sommes pas dans le même pays, car je me rappelle leurs réactions lors de l’« affaire du Collège Horizon » de Bamako en septembre 2017. Elles avaient énergiquement protesté en disant ne pas comprendre comment le gouvernement pouvait accepter de fermer l’école dans laquelle ils arrivent à inscrire leurs enfants, malgré les frais d’inscription élevés (pour la Malienne que je suis), pour des raisons politiques, sans prendre en compte l’avenir de leur progéniture.

Débats houleux

Le ministre de l’Éducation a été interpellé à l’Assemblée nationale par le député Zoumanan NTji Doumbia, élu de Bougouni, président de la Commission des lois constitutionnelles, de la législation, de la justice, des droits de l’Homme et des institutions de la République.
Je trouve quand même hallucinant que le député Zoumana N’Tji Doumbia, qui a estimé à l’époque que la fermeture du Collège Horizon mettait en péril l’avenir des enfants maliens, reste calme aujourd’hui. Lui qui a pu penser et dire que le gouvernement malien avait failli à sa mission, d’où l’obligation pour les parents de ces enfants de les envoyer dans des écoles privées surpayées. Les débats ont été houleux et suivis par tous les Maliens. Les députés se sont même permis de parler de la gestion catastrophique du baccalauréat, qui nous avait donné pour la première fois deux résultats.
Le ministre de l’Éducation de l’époque, Mohamed AG Erlaf, avait les mêmes alibis pour ce que j’appellerais sans trembler leur « crime contre le peuple malien » : l’abrogation des lois qui fixent l’ouverture de l’école turque sur le territoire malien rend l’établissement illégal sur le territoire malien.

Pourquoi ce silence aujourd’hui

Mais, avec cette crise que connait l’école malienne, maintenant, tous ces députés semblent avoir été frappés par une immobilité politique. Pas un seul député pour interpeller le nouveau ministre de l’Éducation, Pr Abinou Témé ! Pourtant, les parents d‘élèves ont fait savoir leur détresse et leur mécontentement dans toutes les régions du Mali. Les mères et leurs progénitures ont marché à Sikasso, criant en bamanakan « ayé wili, anw denw te kalanna » (réveillez-vous, nos enfants n’étudient pas !). Les mêmes slogans ont été portés par les enfants, avant-hier, à Kati. Hier, c’était un sit-in devant le ministère de l’Éducation.
A croire que Zoumana N’Tji Doumbia n’est plus député ou que les enfants qui font les frais de ces grèves successives des enseignants et de l’Association des élèves et étudiants du Mali ne sont pas Maliens. En plus du vote des lois, les missions du député sont le contrôle de l’action du gouvernement et la représentation nationale. Le vote (œil fermé) des lois que leur présentent les autorités semble être la seule tache que peuvent exécuter les députés maliens.

Est-ce par reconnaissance au gouvernement, qui a généreusement prolongé leur mandat pour 6 mois et semble ne pas beaucoup tenir au respect de la loi en ce qui concerne la légitimité de leur mandat ? Bien malheureusement, les populations maliennes n’ont pas choisi des personnes qui peuvent agir en leur nom en prenant leurs préoccupations en compte en cherchant à le faire comprendre au gouvernement.
Ceux qui sont à l’Assemblée nationale et qui se disent élus du peuple font preuve d’une passivité inqualifiable. A croire qu’il n’y a qu’une chambre de validation des lois que le gouvernement se débrouille pour leur faire parvenir. Les députés devraient assurer un certain équilibre des pouvoirs et permettre une meilleure défense des intérêts du peuple dont ils assurent la représentation, mais les pauvres citoyens maliens et leurs enfants ne sont pas importants.

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Les commentaires récents (0)

  1. Ce ne sont pas des députés mais des dépités dont la mission première est de se goinfrer apres avoir tant dépensé pour acheter leur mandat. Ce pays est totalement désespérant.

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