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Si le public n’étudie pas, le privé non plus !

A l’heure de la reconstruction et de la réconciliation, on peut tout négliger sauf l’éducation. N’est-elle pas l’arme la plus puissante pour changer des hameaux en villages et des villages en nation ? Tout est question d’éducation. Comment ces dirigeants, qui se glorifient de l’éducation reçue dans les salles de classe d’antan, n’arrivent pas à accorder la plus petite importance à l’école malienne ? Le blogueur Oumar Togo s’interroge.

Depuis quelques semaines nos enfants, frères et sœurs des établissements publics ne vont pas à l’école. Les enseignants sont en grève, comme d’habitude, laissant entrevoir une fin d’année compliquée qui n’est pas de nature à rassurer dans les écoles publiques. Disons-le tout de suite : si les enseignants sont en grève, c’est parce que le gouvernement ne veut pas respecter leurs droits les plus légitimes. Et cela, sous prétexte qu’il n’y a pas d’argent dans les caisses de l’État.

Que le gouvernement explique dès lors aux enseignants de quelle caisse proviennent les 50 millions que l’imam Mahmoud Dicko a refusé ! De quelle caisse proviennent les milliards qui servent à l’entretien de leur misérable train de vie ? Misérable, car sans l’argent du peuple, ils se retrouveraient tous sur le dépotoir d’ordures qui se trouve près de la Faculté de droit privé (FDPRI) de Bamako, et dont ils ne se soucient guère non plus.

Passivité des parents d’élèves

En prime, depuis quelques années, je m’interroge sur le comportement passif des parents d’élèves face aux différentes grèves qui mettent petit à petit un frein à l’instruction de leurs enfants. Il arrive des moments où je me demande si ce sont des parents responsables. Je ne le pense pas. Sinon, dès les premières heures de cette grève, ils auraient dû tout arrêter pour les enfants. Ce que j’ai compris avec ce gouvernement, c’est qu’il faut être ferme avec lui pour qu’il réagisse.

Il faut que les parents se réveillent car ce n’est pas seulement l’avenir de vos enfants qui est en jeu, mais aussi le vôtre. Puisqu’au Mali, l’enfant est un investissement à long terme. Nous l’inscrivons à l’école pour qu’il puisse plus tard avoir un bon boulot et qu’il puisse nous prendre en charge. Donc, si vous restez là à regarder l’avenir de vos enfants en train d’être hypothéqué, vous en subirez les conséquences.

Hypocrisie

Il faut aussi s’interroger sur l’attitude hypocrite des enseignants, surtout ceux qui sont dans les grandes villes. Certains n’ont même pas honte, alors qu’ils sont en grève dans le public, d’aller dispenser des cours dans le privé ? Sans même penser à leurs collègues dans les villages reculés qui n’ont pour seule subsistance que leur salaire de fonctionnaire. En plus de cela, la majorité d’entre eux n’ont pas leurs enfants inscrits dans le public.

C’est pourquoi, pour une fois, l’Association des Elèves et Etudiants du Mali (AEEM) est à saluer. Puisqu’elle a pensé à l’intérêt commun et a fait sortir tous les établissements du Mali avec pour slogan « si le public n’étudie pas alors personne n’étudiera ».

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