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La paix ne se négocie pas, elle s’impose

Depuis la signature de l’accord pour la paix et la réconciliation, nos villes et villages ont été envahis par une forte présence d’hommes armés, libres de tout mouvement sans être contrôlés par les forces de l’ordre. Ils constituent un danger pour nos populations, écrit le blogueur Anassa Maïga.

L’État du Mali, dans une situation de faiblesse, a été forcé de négocier avec des groupes armés, qui n’ont aucune légitimité, à part celle d’avoir pris des armes au nom des communautés qui ne leur ont jamais donné ce mandat. L’État n’a jamais réussi, militairement, à prendre le dessus sur eux, malgré les nombreuses tentatives. Cela aurait pu nous conduire à imposer la voix de la paix, au retour à une vie normale, à certains de ces groupes, qui défendent tout sauf des aspirations des populations qu’ils prétendent représenter.

Si dans toutes les grandes villes des régions du Nord, les populations ont majoritairement livré une résistance à ces groupes armés, qui réclamaient la partition du pays, et salué avec des chants et des danses le retour de l’État, signe d’une libération, comment peut-on encore continuer à croire que ces mêmes populations se reconnaissent dans ces groupes reniés sous l’occupation?

État d’insécurité

Depuis la signature de l’accord pour la paix et la réconciliation, nos villes et villages ont été envahis par une forte présence de ces hommes. Membres de  groupes qui se font et se défont selon la bonne humeur d’un seul ou d’un petit groupuscule d’hommes, ils contribuent grandement à l’état d’insécurité dans lequel vivent nos populations.

Ils se réclament tous d’une communauté, d’une tribu ou d’une ville, et les actes répréhensibles qu’ils posent souvent, peuvent être interprétés par d’autres comme ceux de toute leur communauté, de leur tribu ou de leur ville. Ce qui, le plus souvent, attise les tensions intercommunautaires et nuit à la cohésion sociale. Il arrive que des gens s’en prennent à des innocents parce que, tout simplement, des individus armés appartenant à leur communauté, s’en sont pris à eux. À Ansongo ou à Menaka, des populations subissent fréquemment des représailles.

Combattre et désarmer les groupes armés

Il n’y a pas un mouvement ou groupe armé qui vaut mieux que l’autre. Ils constituent tous un danger pour nos populations, pour leur cohésion.

Dans la ville de Gao, depuis l’installation du Mécanisme Opérationnel de Coordination (MOC), qui regroupe des éléments des groupes armés signataires de l’accord et ceux de nos forces armées maliennes, nous avons constaté un regain d’insécurité et les habitants se plaignent régulièrement d’être victimes d’éléments de ce mécanisme.

Si c’est réellement la paix que nous cherchons tous, tous ces bandits doivent être combattus et désarmés sans aucune concession. La paix ne se négocie pas, elle s’impose, surtout que l’on a en face des interlocuteurs de mauvaise foi qui ne pensent qu’à se remplir les poches.

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