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Arrêter d’importer le riz d’Asie, Niono peut suffire !

Le Mali continue à importer du riz malgré sa capacité de production énorme. Cela doit cesser, selon le blogueur Ousmane Soumbounou.

Vietnam, Taïwan, Pakistan, ou encore Chine : la grande partie du riz qui se consomme au Mali provient d’Asie. A ce jour, le Mali produit pourtant une quantité capable de satisfaire la totalité des besoins de consommation du marché national, dont une grosse partie provient de la région de Niono. Partant de ce constat, pourquoi continue-t-on d’importer du riz étranger ? Cette question est la même que se pose la Plateforme nationale des producteurs de riz (PNPR).

Aujourd’hui considéré comme le second producteur de riz d’Afrique de l’Ouest, derrière le Nigeria, le Mali a dégagé un excédent de 535448 tonnes de la graminée à l’issue de la campagne agricole 2016-2017, d’après les statistiques du ministère de l’Agriculture.

Cherté du riz local

Au départ, les importations ont servi à combler l’insuffisance de la production locale pour satisfaire les besoins de consommation nationale, mais aussi les besoins en riz de qualité car celle de la production locale laissait à désirer. Le riz local était considéré comme le riz des pauvres. Les variétés de riz produites localement ne pouvaient soutenir la concurrence.

Avec l’aide des partenaires techniques et financiers, le riz produit localement a pu augmenter en qualité. Au début, le vendre sur le marché malien, compte tenu du niveau du revenu du Malien moyen, s’avérait difficile tant le prix était élevé, du fait des coûts de production mal maîtrisés. Il était vendu à 300 francs CFA le kg contre 175 francs CFA ou tout au plus 200 francs CFA pour le riz importé. On comprend d’autant mieux le choix des consommateurs de se reporter sur le riz asiatique.

Cette cherté du riz local est aussi due aux intermédiaires  qui cherchent leurs bénéfices sur le dos des producteurs et des consommateurs. Ce qui fait que le riz est cher pour les consommateurs et peu rémunérateur pour les producteurs. Selon les responsables de la Plateforme nationale des producteurs de riz local (PNPR), l’un des facteurs qui favorisaient le riz importé était également l’exonération de taxes accordée par l’État aux importateurs.

Tributaire du blé importé

Avec un excédent de 535448 tonnes, le marché malien n’a nullement besoin de riz importé. Les responsables de la PNPR disent être débout pour défendre les intérêts des paysans, car l’importation pénalise le riz local. Plus de 20000 tonnes de riz achetées par l’Office des produits agricoles du Mali (OPAM) en 2016 n’ont pas été écoulées à cause du riz importé.

Malgré l’amélioration croissante de la production du riz au Mali pendant ces dernières années, le marché malien reste tributaire du riz importé.

La PNPR propose, entre autres, l’institutionnalisation de l’achat direct aux producteurs ; l’extension de cet achat à d’autres institutions, notamment les prisons, la santé, l’armée et la consommation du riz local par la population à travers une politique de consommation de l’État. Elle préconise en outre le renforcement des capacités des unités de transformation afin qu’elles produisent des riz de même qualité que ceux importés, la réduction du nombre d’intermédiaires entre le producteur et le consommateur ou la priorisation du riz produit localement afin qu’il soit écoulé sur le marché au détriment du riz importé. Cela passerait par notamment par l’interdiction des importations au cours d’une période.

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