#SiraKura : vivement la création d’une assurance maladie pour les producteurs agricoles !
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#SiraKura : vivement la création d’une assurance maladie pour les producteurs agricoles !

La recommandation par les Assises nationales de la refondation (ANR) de créer une assurance maladie pour les producteurs agricoles serait un grand pas dans le renforcement des mesures de protection sociale des Maliens. 

Le Mali a souscrit, souverainement, aux principes affirmés dans la Déclaration universelle des Droits de l’Homme, qui accorde à la personne humaine, entre autres droits, celui à la sécurité sociale. La Constitution du 25 février 1992, également, reconnaît en son article 17 le droit à la santé et à la protection sociale à tous les Maliens : « L’éducation, l’instruction, la formation, le travail, le logement, les loisirs, la santé, et la protection sociale constituent des droits reconnus ».

L’agriculture est une activité économique assez risquée du fait des aléas pluviométriques. La rente agricole dépend des conditions pluvieuses, qui peuvent être moins favorables d’une année à une autre. Sans parler des calamités naturelles qui peuvent s’abattre sur les récoltes et compromettre sérieusement les gains   financiers des agriculteurs. D’où l’importance d’alléger les peines des agriculteurs en leur garantissant au moins l’accès aux services de santé par des frais de soins  moins coûteux.

Faible mécanisation et aléas climatiques

La population du Mali est estimée à 21 millions d’habitants en 2021 dont 78, 3% vivent en milieu rural. L’économie du Mali repose essentiellement sur le secteur agricole, qui occupe près de 80% de la population active et contribue pour 33% au PIB et 15% aux recettes d’exportation (Politique de développement agricole).

L’agriculture est l’activité économique principale exercée en milieu rural. Pourtant, sa faible mécanisation ajoutée aux effets des aléas climatiques impactent négativement la rentabilité économique de cette activité et compromet les chances d’épanouissement économique en zone rurale. Le rapport Profil et déterminants de la pauvreté 2018-2019 de l’Institut national de la statistique (INSTAT) indique que la pauvreté demeure un phénomène essentiellement rural.

La proportion de ménages vivant en dessous du seuil de pauvreté (c’est-à-dire la proportion de ménages maliens dans lesquels la dépense annuelle par tête n’atteint pas le seuil minimum de 269.485 FCFA) en milieu rural est de 50,5% contre 18, 2% en milieu urbain.

Il est donc juste pour l’État de s’inscrire dans un esprit d’équité en accordant les mêmes chances aux Maliens, quelles que soient leurs localités de vie ou leurs conditions de vie économique, pour bénéficier de services de santé à des coûts abordables.

Il est triste de voir que même de nos jours, nos parents cultivateurs, une fois dans des soucis de santé, sont obligés de mobiliser leurs maigres ressources pour disposer des fonds- le plus souvent énormes- nécessités par leur prise en charge sanitaire. Quand d’ailleurs, ils ne sont pas obligés de faire supporter les frais de ces soins de santé par leurs parents qui résident dans les grandes villes. Il est donc plus que nécessaire aujourd’hui d’assurer une couverture sanitaire de qualité et accessible à moindre coût aux Maliens, majoritairement établis dans les zones rurales et qui vivent du métier d’agriculteur.

Pas forcément obligatoire   

La mise en place de l’Assurance maladie obligatoire (AMO), en 2009, a suscité de farouches oppositions de la part des agents de l’État qui n’avaient pas été dûment sensibilisés au préalable. La mesure a été perçue comme une arnaque, faute de communication. Avec le temps, l’AMO connait aujourd’hui une forte adhésion des Maliens qui en mesurent les avantages. D’où l’importance également d’aborder la communauté des paysans avec pédagogie et tact et d’instituer un mécanisme de cotisation adapté à leurs réalités et auquel ils adhèreront librement.

D’autant plus que, contrairement aux fonctionnaires avec l’AMO, pour qui les cotisations sont directement saisies sur les salaires, les agriculteurs devraient d’eux-mêmes payer régulièrement des montants au titre des cotisations.

Comme l’affirme Ibrahim Sidibé, agriculteur et membre de la Fédération nationale des jeunes ruraux (FENAJER)« la mise en place d’une AMO pour les agriculteurs vise à les aider à mieux produire avec moins de risque et contribuera à la création d’un environnement propice au développement d’un secteur agricole sécurisé ».

C’est ce qu’il faudra faire comprendre à nos valeureux agriculteurs, au demeurant, pour gagner leur adhésion au mécanisme.

Que pensez-vous de la mise en place d’une assurance maladie spécialement dédiée aux producteurs agricoles en milieu rural ? Le débat est ouvert.

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