Wave, Orange, État : qui contrôle vraiment les tarifs du mobile money ?
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Wave, Orange, État : qui contrôle vraiment les tarifs du mobile money ?

Entre la guerre des tarifs entre Orange et Wave, les taxes de l’État et le contrôle de la BCEAO, le coût de vos transferts ne doit rien au hasard. Découvrez qui décide vraiment de vos frais et comment la régulation protège votre argent.

Contrairement à une idée reçue, l’État ne fixe pas directement les prix. Le secteur fonctionne selon un principe de liberté tarifaire. Les opérateurs définissent eux-mêmes leurs frais selon leur stratégie commerciale et la concurrence, ce qui stimule l’innovation et améliore les services. Mais cette liberté est encadrée.

 Un marché régulé à l’échelle régionale

Le mobile money au Mali relève de la supervision de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest, qui encadre les services financiers numériques dans l’Union économique monétaire ouest-africain (UEMOA). Sans fixer elle-même les tarifs, la BCEAO autorise les opérateurs, surveille leurs activités et veille au bon fonctionnement des systèmes de paiement.

Comme le souligne Dr Allaye Bocoum, expert bancaire et fintech basé au Sénégal : « Dans le mobile money, les tarifs ne sont pas fixés directement par l’État, mais par les opérateurs. Toutefois, cette liberté tarifaire doit rester encadrée pour garantir une concurrence saine et protéger les consommateurs contre les abus. »

Les prix demeurent donc libres, mais dans un environnement strictement réglementé, fondé notamment sur les règles applicables aux systèmes de paiement et à la monnaie électronique.

Entre taxes de l’État et frais des opérateurs

Malgré la libéralisation du marché, plusieurs facteurs maintiennent les frais du mobile money à un niveau relativement élevé : concentration du marché autour de quelques opérateurs, coûts d’infrastructure et de distribution, taxes et prélèvements publics (comme la taxe de 1 % sur les retraits), ainsi que le manque d’interopérabilité entre services.

Même si certains acteurs, comme Wave, tentent de faire baisser les prix, la concurrence seule ne suffit pas toujours à réduire le coût pour tous les utilisateurs. La BCEAO encourage aujourd’hui l’ouverture et l’interopérabilité des services, notamment via le développement de plateformes régionales de paiement instantané, la réduction progressive des frais pour les usagers et le renforcement de la concurrence.

La DGCC : surveiller, protéger, sanctionner

Au niveau national, la Direction générale du commerce, de la consommation et de la concurrence (DGCC) joue un rôle de régulateur économique. Elle surveille les marchés, contrôle les pratiques commerciales, protège les consommateurs et lutte contre les comportements anticoncurrentiels.

Elle peut intervenir en cas de prix abusifs, de pratiques trompeuses ou d’ententes susceptibles de fausser le jeu de la concurrence. C’est dans ce cadre que la DGCC a sommé Wave Mali de revoir ses tarifs, jugés déloyaux.

La guerre des prix

Le marché malien du mobile money est dominé par quelques acteurs majeurs, notamment Orange Money et Wave, chacun avec sa propre stratégie.

En février 2025, Wave a fait parler de lui en prenant en charge la taxe de 1 % sur les retraits imposés par l’État, contrairement à ses concurrents. Cela a engendré des coûts réduits pour les utilisateurs et une adoption rapide, mais aussi une réaction de la DGCC, qui a évoqué de possibles pratiques anticoncurrentielles.

Cette décision a largement fait réagir sur les réseaux sociaux et dans les médias. Certains y ont vu une initiative favorable aux consommateurs, tandis que d’autres ont pointé un déséquilibre potentiel du marché.

Derrière la simplicité d’un transfert ou d’un retrait se cache une réalité plus complexe : celle d’un marché où les prix sont libres, mais fortement influencés par des stratégies commerciales, des règles régionales et des enjeux de concurrence.

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