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Une visite et plusieurs questions

Visite amicale, de travail, petite balade sahélienne loin de la pression des gilets jaunes…Appelez ça comme bon vous semble ! Deux jours de visite c’est peu, certes mais, ça laisse quand même des traces.

 

Dès son arrivée, le 22 février, dans un tweet sur son compte officiel, en trois points, le Premier ministre français a énuméré les raisons de sa présence au Mali. C’est tout de même important pour tâter le terrain : le premier point étant le renforcement du partenariat économique entre les deux pays (oserait-on le traduire par : renforcement du business français ?). Le second point concerne l’aspect sécuritaire. Et le dernier : une visite aux militaires français de la force Barkhane basée à Gao.

A en croire les tweets des primatures française et malienne, ça bosse dur dans le sens du développement. Les deux Premiers ministres ont été à l’inauguration du projet AEP Kabala qui permettra de combler le manque d’eau potable à Bamako et ses environs. Nous n’allons pas trembler de joie pour un projet annoncé depuis des lustres et qui traîne depuis.

Des signatures encore et encore

Avant de partir pour Gao, le Premier ministre français et son homologue Soumeylou Boubeye Maiga ont procédé à la signature de plusieurs conventions de financement. Pour reprendre mot pour mot les propos du gouvernement malien au sujet de ces accords, ils ont porté sur la « promotion de la coopération bilatérale au double niveau public et privé. » Langage diplomatique, on va s’y faire.

Il n’a également pas manqué non plus de rappeler que pour les intérêts de la France du Mali, il est important que l’accord pour la paix et la réconciliation, issu du processus d’Alger, soit appliqué le plus tôt possible.

Nul ne peut se vanter de se passer des autres mais à chacun le deuil de ses morts

« Nul ne peut se vanter de se passer des autres », dit un proverbe malien que le Premier ministre français a rappelé une fois à Gao pour montrer l’importance d’être dans la lutte contre le terrorisme. Il a salué l’engagement des soldats français, déployés dans le désert depuis le début de l’opération Serval et Bakhane. Il a aussi rendu un vibrant hommage aux 24 Français qui, depuis le début des opérations anti-terroristes, ont perdu la vie.

On retient de cette visite que le soutien de la France est sans faille dans le processus de mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation. Rien d’étonnant ! Peut-il refuser de soutenir quelque chose qu’il rêve de voir se réaliser ?

La promotion de la coopération bilatérale au double niveau public et privé ? D’accord mais, que gagne la France en contrepartie ? Depuis longtemps, des conventions sont signées sans que les populations en tirent des bénéfices palpables. Que ce soit dans le domaine de l’éducation, de l’emploi, de la sécurité ou encore de la santé, rien n’évolue. Les signatures pourtant ne sont pas près de s’arrêter, hélas ! Ce qui est signé est déjà signé pourtant, et au nom de tous les Maliens. Vive la servitude la République ! J’espère en tout cas que ce court séjour aura largement été suffisant pour s’imprégner d’une réalité autre que l’aspect somptueux de Matignon. Merci pour la visite Monsieur le Premier ministre, à la prochaine ! Et bien des choses aux gilets jaunes.

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