1er mai fête travail
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1er mai : une fête du travail pour qui ?

La fête du travail ou journée internationale du travail est célébrée chaque 1er mai. Le blogueur Alou Diallokei nous parle d’une catégorie de travailleurs pour qui cette journée ressemble aux autres…

La fête du travail, telle qu’elle est célébrée de nos jours, tire son origine des combats du mouvement ouvrier pour obtenir la journée de huit heures, à la fin du XIXe siècle. Aujourd’hui, au Mali comme partout ou presque, il y a lieu de s’interroger : le 1er mai est une fête pour qui réellement ?

Cette journée est célébrée notamment à travers des défilés pour demander une amélioration des conditions des travailleurs. Qui plus est, elle est « chômée et payée » pour les travailleurs. Mais pour quels travailleurs ? Car si le 1er est attendu par certains « comme un sahélien attend la pluie », parce que férié, pour d’autres catégories de travailleurs notamment ceux qui sont dans l’informel comme les aide-ménagères et d’autres personnes vivants de petits boulots, cette journée n’a aucune espèce de sens. Certains en ignorent jusqu’à son existence et estiment que c’est une journée comme une autre.

Aicha, comme quelques 200 000 autres jeunes filles à Bamako, est une aide-ménagère. Pour elle, c’est la routine. « Je me suis réveillée comme d’habitude à 6 heures et je vais terminer après 22h », confie-t-elle. Elle a dit n’avoir compris que c’était la fête du travail que lorsqu’elle a constaté que le mari de sa patronne n’était pas allé au travail. Mais pour elle, il n’y a pas de journée internationale du travail « chômée et payée ».

« Une fête pour ceux qui travaillent dans un bureau »

« Mon cher, nous sommes à la recherche du pain quotidien. Si je ne travaille pas le 1er mai, ma famille n’aura pas de quoi mettre sous la dent le 2 mai. Ceux qui sont allés défiler, qu’il pleuve ou qu’il neige, auront leur salaire au complet à la fin du mois », confie en souriant Abderrahmane, travaillant dans un atelier de couture à Sénou, quartier périphérique de Bamako, sur la rive droite du fleuve Niger. Il ajoute que le 1er mai est une fête « seulement pour ceux qui travaillent dans un bureau ».

Sous un soleil des moins gentils, à l’entame du pont Fahd, au bord de la route, Mahmoud tient une planche en bois sur laquelle sont rangées des lunettes. Il est surpris d’entendre qu’il y a une journée de la fête du travail. En prime, il se demande pourquoi une journée du travail est fériée et pense qu’il y a trop de jours fériés au Mali : « C’est pourquoi la circulation est moins dense que d’habitude. Il n’y a pas eu de travail aujourd’hui tout comme c’était le cas le 8 mars dernier, il y a tout juste environ un mois. » Cela doit être bien d’être comme ces gens-là « qui travaillent dans les bureaux » se prend-il à rêver.

 

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