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La jeunesse et le piège du Pari-foot

Au cours de ces dernières années, les paris-sports créent un véritable engouement pour des millions de jeunes africains. Au Mali, c’est devenu une adiction pour nombre d’entre eux. Malgré la multitude des différents paris, c’est le «Premier Bet », communément appelé « Pari foot », qui gagne du terrain dans la capitale malienne, à la différence du pari sur les chevaux, écrit le blogueur Tony Star. 

Dans son point de revente, en face du marché de Sénou, l’ambiance s’installe de 8 heures jusqu’aux environs de 02h du matin, tous les jours. Pour la plupart,  les parieurs sont des jeunes chômeurs pour qui, selon Bah, l’un d’entre eux, « le pari c’est du passe-temps ». « Dès que je me réveille le matin, précise Mamadou Konaré, alias « CR7 » (surnom de Cristiano Ronaldo), je me dirige vers le bureau pour ne pas rester toute la journée devant les yeux de mes parents et c’est ici notre bureau ». Avant de renchérir : « Chaque jour, j’effectue des pronostics de tous les matchs du programme. Une fois cela effectué, je partage avec d’autres parieurs et en contrepartie ils doublent chacun de leur ticket pour me remettre le second. Avec ce système, il n’y a pas de logique mais il m’est difficile de passer une semaine sans gagner».

Pari-foot Mali, géré par PMU Mali, est légal.  Les parieurs sont des jeunes sportifs et « fans » de football. Ce pari se fait en ligne via les points de revente de tickets et consiste à donner des pronostics sur des matchs de football, selon le programme du jour. Le joueur parie sur deux matchs au minimum et douze au maximum. Le montant d’un pari est de 300 francs CFA avec des possibilités de mise jusqu’à 15 000 francs CFA. On peut aussi jouer avec un compte Orange Money à partir de 50 francs CFA à travers l’application Androïd de pari-foot. Mais pour cela, il faut avoir au minimum 2 000 francs sur son compte. Avec cette application, il n’y a pas de limite pour des mises. Mais seuls les plus de 18 ans sont autorisés à parier.

Ainsi, les promoteurs des points de revente de billets bénéficient d’une ristourne de 6% sur leur vente totale mensuelle, a expliqué Aliou Niakaté. « J’ai connu le pari-foot à Missira, en commune II du district de Bamako, où je pariais presque chaque jour en 2017. Une année plus tard, après longue réflexion, j’ai décidé d’amener le Premier-Bet à Bamako Sénou, mon quartier de résidence. », ajoute-t-il. Ce business rapporte-t-il ? Aliou Niakaté affirme qu’aucun jeu au hasard dans le monde n’est à la faveur du joueur : « Sur 1000 paris, seul un parieur peut gagner probablement, alors les restes reviennent aux promoteurs des jeux ».

Yoro Diallo, un ancien parieur a pourtant été très chanceux pour son premier pari. Pari-Foot est une opportunité pour lui de se faire le maximum de profit avant de s’en retirer catégoriquement. « Le premier jour où j’ai parié, confie Yoro, j’ai pris deux billets avec des mises jusqu’à 5000 francs CFA. Un miracle s’est produit avec un d’entre eux faisant le gain de 70 000 francs CFA à la veille du réveillon passé. J’ai senti donc un génie en moi sans comprendre compte que cette chance était unique. J’ai continué de parier durant  deux semaines avec des mises importantes espérant des millions et rien n’a marché. C’est en ce moment que je me suis rendu compte que le hasard ne fait pas de profit. »

En somme, bien que le pari-foot soit légal, je pense qu’il est loin d’être une solution pour lutter contre la pauvreté. Il est bien de savoir que la société Premier Bet, dirigée par l’homme d’affaires libanais Jihad Regards, encaisse nos millions de francs par jour  Ouvrons les yeux et cherchons plutôt à travailler.

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