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Benbere met en vedette des « femmes qui osent »

Au cours de la dernière semaine de l’année 2018, la plateforme Benbere a réuni autour du panel « Les femmes qui osent », trois maliennes qui se sont distinguées dans leurs domaines respectifs comme des battantes. Benbere leur a donné la parole pour qu’elles partagent avec le public le chemin parcouru. La blogueuse Niamoye Sangaré nous fait le compte rendu.

Pour ce premier panel, Benbere a fait appel à Astou Nathalie Sidibé (grande cartographe), Konaté Dansira Dembélé (chargée de communication pour le programme de recherche du CGIAR sur le changement climatique, l’agriculture et la sécurité alimentaire) et Oumou Touré (chargée de projet Génération fille à AJCAD Mali et coordinatrice du projet Global Media Campaign). Trois amazones dont la réputation n’est plus à faire, mais dont le chemin n’a pas toujours été facile.

Nathalie Sidibé, surtout, n’a pas connu une enfance toute rose. « J’ai perdu mon père à l’âge de 12 ans, raconte-t-elle, et, depuis, j’ai commencé à faire du commerce pour aider ma maman à subvenir aux besoins de la famille », Aujourd’hui icône de la cartographie numérique au Mali et au-delà, elle compte former plusieurs femmes dans ce domaine où elle regrette leur faible présence.

La difficulté comme catalyseur

Tout comme Nathalie, Oumou Touré regrette de n’avoir pu réaliser son rêve, celui d’aller poursuivre ses études à l’étranger, faute de moyens. « Je me bats chaque jour pour que mes enfants ne manquent de rien. Je ne veux pas que par manque de moyens, ils renoncent à leurs rêves », affirme-t-elle.

Oumou, dont le véritable catalyseur est la difficulté, ambitionne de créer sa propre ONG pour œuvrer dans le domaine de la protection de l’environnement. C’est en assistant pendant deux ans à des événements sur le thème du changement climatique et l’environnement qu’elle s’est découverte une passion pour ce domaine.

Femme battante et vie de couple

Dans notre société, être une femme indépendante est très souvent incompatible avec une vie de couple stable. Cette question a suscité beaucoup d’intérêt lors de la conférence-débat.

« Il n’est pas facile d’être autonome sans faire fuir les hommes toujours célibataires, regrette Nahalie Sidibé. Les hommes maliens aiment les femmes qui leur tendent la main, et qu’ils peuvent contrôler en retour ».

Mariée et mère de deux enfants, Dansira s’en sort très bien grâce à l’assistance de son mari. « Il m’aide beaucoup avec les enfants ». Cependant elle avoue avoir souvent recours à la douceur et à un peu de soumission, car l’homme malien est de nature un peu machiste. Même si Oumou Touré, de son coté, n’hésite pas à s’arracher pour gagner ses droits, elle avoue également avoir trouvé un homme qui la comprend. « Il m’a donné envie de me marier à 21 ans, assure-t-elle. Il n’est pas comme les autres, c’est mon homme à moi ».

Cette initiative, saluée par les panelistes, a été précédée par une série de publications sous forme de portrait des femmes qui se sont distinguées dans leurs domaines, le plus souvent réservés aux hommes. 

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