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Harcèlement sexuel au travail : je refuse de céder aux avances des chefs !

Diplômée depuis quelques années, elle a à son actif plusieurs stages mais ne parvient toujours pas à décrocher un travail. Cette situation perdure parce qu’elle refuse les avances des chefs d’entreprise, qui veulent toujours coucher avec elle, nous confie à travers ce billet la blogueuse Mama D.

Je suis jeune, diplômée et j’ai une folle envie de travailler. Mais, je n’arrive toujours pas à avoir un boulot pour une longue durée. J’ai fait pourtant des stages de qualification pour me préparer à occuper un poste de travail dans mon domaine, mais toujours rien. Cette situation est due à mon refus de donner une suite favorable aux avances des différents chefs de service qui m’ont employée. Je me suis toujours dit qu’avec mon courage et la persévérance dont je fais preuve, la chance finira par me sourire et que je rencontrerai un patron différent des précédents. Je sais que des honnêtes gens il y en a, mais hélas je n’en ai pas encore rencontré.

En tant que femme malienne, on nous colle toujours cette étiquette de chanceuse quand on s’en sort. Ce n’est pourtant pas aussi facile que beaucoup de personnes le pensent. La plupart des filles rencontrent ce problème. Les plus faibles acceptent sans problème, car elles n’arrivent pas à supporter le chômage. Une amie, qui bosse dans une grande boite, m’a dit clairement qu’elle ne pouvait pas laisser passer certaines opportunités pour une question de sexe. Quand je lui ai parlé de mon cas, elle m’a répondu en ces termes : « Ma chère, accepte ! Moi par exemple, je sors avec mon patron et je gagne bien ma vie puisqu’il me donne plus que mon salaire. Qu’est-ce que tu veux d’autre ? ».

« Candidatures féminines fortement encouragées »

Le comble, c’est qu’il est fréquent maintenant de lire dans la plupart de offres d’emploi que « les candidatures féminines sont fortement encouragées. » Lorsque tu vois ça, tu penses automatiquement à de la discrimination positive, alors que pour la plupart, il ne s’agit de rien d’autre que de faire la cour à ces femmes qui postulent, et qui généralement sont retenues.

Mon calvaire a commencé le jour où j’ai obtenu un stage de perfectionnement offert par une agence, qui m’a affectée dans un service public. Quand je suis allée faire ma prise de service, j’ai été accueillie chaleureusement par le directeur du service, qui m’a semblé vraiment sympathique. Il m’a donné ma fiche sans problème, m’a autorisée à commencer à travailler le lendemain même comme son assistante, vu qu’il n’est pas trop présent au bureau. Selon lui, il avait besoin de quelqu’un qui pourrait assurer la permanence en son absence. J’étais vraiment contente de tomber sur un chef pareil. J’étais aux anges.

Le problème de la preuve

Mon premier jour au boulot, je devais rédiger une lettre d’invitation destinée au gouvernorat. Avec le temps, s’installa entre mon chef et moi une relation de confiance. Je racontais même à ma mère que si je continuais à travailler ainsi, il pourrait m’aider à avoir un contrat dans le même service. Mais, bientôt, la réalité finit par me rattraper car mon chef a commencé à changer de comportement avec moi par des attouchements déplacés. Il n’a d’ailleurs pas tardé à m’avouer qu’il avait des vues sur moi et qu’il voulait avoir une relation extra-professionnelle. Je lui ai notifié mon statut de « femme fiancée », mais il m’a dit que si j’acceptais ses avances beaucoup de portes me seraient ouvertes (j’aurais un boulot fixe, avec un bon salaire et beaucoup de cadeaux de sa part) et que mon futur mari n’en saurait rien.

J’ai vite compris que mon chef était un goujat, qui n’est pas prêt à abandonner tant qu’il n’a pas eu ce qu’il voulait. J’ai donc ramassé mes affaires et je suis parti comme je suis venue. Nombre de nos sœurs, ici à Bamako comme ailleurs, sont victimes de cette situation. Et parmi elles, beaucoup cèdent malheureusement aux avances sous la pression.

De mon côté, j’ai confié la raison de mon départ à mon fiancé qui a souhaité que je dénonce mon chef, mais je ne pouvais pas, car sans preuve, je ne pourrais jamais avoir gain de cause. Nulle part.

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