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À Kéniéba, l’or vaut mieux que le diplôme

Connue pour ses richesses aurifères, le cercle de Kéniéba, dans la région de Kayes, voit ses élèves déserter les salles de classe pour travailler dans les sites d’orpaillage traditionnel, écrit le blogueur Ibrahima Dia. 

Perdu au milieu des chaines de montagnes du Tambaoura, le village de Diabarou, situé dans la Commune rurale de Dabia, Cercle de Kéniéba, est l’une des principales zones d’orpaillage traditionnel. Depuis une quarantaine d’années, de nombreuses générations continuent de se relayer sur ses différents sites à la recherche du métal jaune, malgré l’interdiction officielle des autorités.

Parmi les centaines de personnes qui y travaillent figurent non seulement des jeunes contraints d’abandon de bancs de l’école, mais aussi des diplômés sans emploi qui viennent de toutes les régions du Mali, mais aussi des pays limitrophes comme la Guinée Conakry, le Burkina Faso ou le Sénégal.

Un travail très difficile pour 2500 FCFA

Sira Coulibaly, une jeune fille âgée de 14 ans, est l’un des nombreux enfants qui ont abandonné l’école pour le métal jaune. « Ma mère m’a retiré de l’école lorsque j’étais encore en classe de 5e année fondamentale. Elle voulait que je l’aide dans ses tâches ménagères et que je gagne un peu d’argent », témoigne-t-elle, la calebasse en mains sous un soleil de plomb.

Son histoire est similaire à celle de Sadio Kanté, 15 ans. « J’étais en 3e en Guinée Conakry quand ma mère m’a obligé de quitter l’école et m’amené travailler ici », dit-elle. Pour un salaire journalier de 2500 FCFA, la fille abat un travail difficile et très risqué du lever du soleil jusqu’au soir.

Plusieurs morts chaque année

Tout comme l’émigration clandestine qui cause de nombreux décès dans le désert et dans l’océan, les sites d’orpaillage font aussi des victimes. Les forages souterrains s’écroulent très souvent sur des orpailleurs pris au piège.  Les trous abandonnés après exploitation sont également très dangereux ; plusieurs morts sont enregistrés chaque année.

Malgré ces risques, ces jeunes orpailleurs, avec des moyens rudimentaires, creusent à plus de 30 mètres sous terre. Le danger n’est jamais loin et ils en sont conscients, mais ils disent qu’ils n’ont pas le choix.

Les autorités locales sont conscientes des conséquences de l’orpaillage sur la scolarisation des enfants en général et des filles en particulier. « Sur quatre filles inscrites à l’école, une seule termine son cursus scolaire », indique Baghaga Fadimata Camara, présidente du Conseil de cercle de Kéniéba. Toutefois, elle souligne que la sensibilisation est en cours pour faire comprendre aux enfants et à leurs parents que le savoir est plus important que l’or. Ce n’est pas sûr qu’ils le comprennent.

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Les commentaires récents (3)

  1. Les autorités Maliennes n’ont pas prouvé que: » le savoir est mieux que l’or » J’ai un master du Cheikh Anta Diop, cependant je travaille dans les mines traditionnelles et je gagne bien ma vie que lorsque je faufilais à Bamako entre les écoles privées( j’arrivais difficilement à payer mon loyer et subvenir aux besoins de ma famille) 75422779

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