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La route Fana-Tabarako doit être une priorité

Dans ce billet, le blogueur Abdoulaye Guindo plaide pour le bitumage d’une route qui relie deux régions administratives du Mali et pourrait contribuer à stimuler l’économie locale.

Dans ce billet-retour, je partage avec vous le calvaire que vit tout usager qui emprunte une certaine route et j’alerte sur la nécessité de la bitumer au regard des nombreuses potentialités que la zone regorge. Cette route relie Fana à Tabarako, en passant par Bèlèco, Kignan, oue encore Doumanaba. Longue de 208 Km, elle joint la Route nationale 6 (Bamako-Ségou à partir de Fana) à la Route nationale 11 (Sikasso-Koutiala à partir de Tabarako). Au cours de mon périple, avec d’autres collègues, dans le cadre d’une mission, nous étions dans des véhicules pick-up.

A partir de Fana, nous avons quitté le goudron pour prendre la piste. Pour retrouver notre chemin, nous sommes rejoints à Fana par un spécialiste de cette route pour guider nos pas. Imaginez la nuée de poussière que nous avions aspirée, le nombre de secousses subis chaque fois que notre véhicule heurte un nid-de-poule.

Potentialités énormes

Cependant, j’ai vu et entendu beaucoup de belles choses qui militent en faveur du bitumage de cette route, qui est la colonne vertébrale de Dioïla et Sikasso, deux cercles situés dans deux régions différentes. Les communes riveraines concentrent une forte population (environ 400 000 habitants, selon le dernier recensement général de la population et de l’habitat, RGPH de 2009) et regorgent de potentialités économiques inestimables pour les régions de Koulikoro et de Sikasso. J’ai pu constater que ce tronçon, traversant 31 villages de 21 communes rurales, est aussi utilisé par 216 villages, 8 arrondissements, 2 cercles et 2 régions.

Le climat est favorable à l’agriculture, l’élevage et la pêche avec environ 1 000 mm d’eau par an. Au plan économique, la zone pourrait contribuer énormément à l’autosuffisance alimentaire du Mali. En plus des productions céréalières et cotonnières abondantes, l’apport en bétail, volaille, agrumes et produits maraichers de la zone n’est pas négligeable. J’ai pu voir la ville de Kignan, située le long de cette route.

60000 tonnes de coton

Là-bas se trouve la plus grande usine d’égrainage de coton au Mali avec une capacité de production de plus de 60000 tonnes. Selon  le chef secteur de la Compagnie malienne pour le développement du textile (CMDT) de Bèlèco, une autre localité sur l’axe, «  les recettes de la campagne agricole 2018-2019 de la zone se sont élevées à plus de 18 milliards de FCFA ».

Au regard de toutes ces potentialités dont regorge la zone couverte par cette route, il est urgent  qu’elle soit bitumée pour le bonheur des populations qui y vivent.

Diakaridia Mariko, membre du mouvement qui se bat pour le bitumage, a rappelé que l’ancien premier ministre, Modibo Keita, dans sa Déclaration de politique générale (DPG) du 27 mai 2015, en avait fait cas. Il reste juste à accélérer le processus.

Des routes pour développer nos contrées

Au-delà de ce tronçon, le gouvernement doit faire des routes sa priorité. Je reste convaincu que tout commence par une route. La mobilité est une condition préalable au développement. L’économie a besoin d’être stimulée par la circulation des personnes et des biens. Dans une large mesure, de même qu’une économie dynamique dépend du mouvement des produits et des services, les populations sont tributaires des routes pour l’accès à l’emploi, à l’éducation et aux soins de santé.

Pour terminer, je partage un aspect d’une étude de la Banque mondiale qui dit que le coût du transport dans les pays en voie de développement est environ le triple de celui des pays développés disposant d’un réseau routier important et bien entretenu.

 

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