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Biba, première et unique « taxiwoman » du Burkina Faso

Avec plus de 8 ans d’expérience, Habibata Gansgné est la seule femme   conductrice de taxi qui sillonne les rues de Ouagadougou, la capitale du Burkina. Sollicitée par plusieurs hôtels et agences de tourisme, « Biba », comme on l’appelle affectueusement, est aujourd’hui une référence pour toutes les femmes qui veulent briser le fameux mythe de « l’univers réservé aux hommes ». Notre Blogeur Alkunti l’a rencontrée à Ouagadougou.

Ce n’était pas facile pour Biba de commencer à pratiquer un métier réservé aux hommes. Au départ, les autres taximen voyaient d’un mauvais son intégration.  En 2010, année où elle débute ce métier, elle est alors couturière.

Mais l’envie de devenir conductrice de taxi prend le dessus. Elle dépose fil et aiguille, pour obtenir son permis de conduire. Le précieux sésame en main, elle signifie au président du syndicat des chauffeurs de taxi sa volonté d’être taxi-woman. Le syndicaliste l’en dissuade. Mais face à la ténacité de Biba, ce dernier accepte de l’accompagner. Et c’est parti pour une nouvelle expérience. Elle au départ, n’avait pas son propre taxi. Deux ans plus tard, elle s’offre son premier véhicule.

Biba s’est imposé au fil du temps

A 33 ans, Biba continue de susciter l’admiration parmi ses collègues taximen. Chose pas évidente au départ. « Aujourd’hui ce sont les hommes même qui m’encouragent dans ce que je fais. Si je tombe en panne, je ne me fais même pas de souci. Il y a toujours un taximan qui passe ou un autre qui est à côté  pour me dépanner », dit-elle.

Sur un ton taquin certains taximen n’hésitent pas à lancer à Biba : « Mais tu as plus de clients que nous ».

Prestation sur commande

Biba, qui peut gagner jusqu’à 300000 FCFA par mois, ne circule plus dans les rues de Ouaga à la recherche de clients. Elle attend que les clients

l’appellent. Un simple coup de fil et Biba accourt pour satisfaire le client qui loue ses services. Elle est surtout beaucoup sollicitée par les hôtels et les agences de tourisme de Ouagadougou, qui la recommandent à leurs clients.

Les clients apprécient sa ponctualité. « Sa rigueur suscite l’admiration chez les touristes, au point où chacun veut être conduit par elle lors d’un séjour dans la capitale burkinabè. Dans notre hôtel, les étrangers la sollicitent beaucoup. Elle manque rarement à ses rendez-vous. Souvent elle vient 15 minutes avant le rendez-vous », se réjouit Rasmané Nana, un gérant d’hôtel.

Gérer famille et métier

Son emploi du temps chargé n’empêche pas à Biba de s’occuper de sa famille. Mère d’un garçon de 7 ans, elle doit l’amener chaque jour à l’école avant de commencer le boulot. Lorsqu’elle est très coincée, les parents et son entourage l’aident à s’occuper de son garçon. « Je dois me réveiller à 5 heures du matin, pour s’occuper de mon enfant, témoigne-t-elle. Le soir je dois le récupérer. C’est ma sœur qui m’aide le plus souvent, lorsque je suis occupée à conduire des clients. Mes parents et mon entourage me sont d’un grand apport. Cela atténue les difficultés liées à ce métier.»

Aujourd’hui Biba veut créer sa propre entreprise. Son objectif est d’acquérir plusieurs véhicules pour les mettre à la disposition de ses clients. «J’ambitionne d’avoir ma propre société pour amener d’autres femmes à s’intéresser à ce métier. Nous devons briser ces stéréotypes qui nous empêchent d’avancer».

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