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Centre du Mali : sortir des discours de haine et laisser la justice faire son travail

La situation sécuritaire dans le centre du Mali, notamment dans la région de Mopti, est sur toutes les lèvres. Alors que les uns condamnent les violences qui y gagent en ampleur, les autres, grand paradoxe, tiennent des discours de haines accusant une communauté donnée d’être à la l’origine des exactions. Toutes choses qui, à mes yeux, ne peuvent que contribuer à entacher le vivre-ensemble séculaire entre les communautés. Nous devons sortir des discours de haine et attendre patiemment les résultats des enquêtes, écrit le blogueur Fousseni Togola.

L’amalgame dans le centre du Mali ne cesse d’interpeller ma conscience de citoyen réfléchissant sur les mauvais comportements. Les atrocités se multiplient dans la région de Mopti depuis un certain temps. Une situation que les plus sensibles attribuent tantôt aux Peuls tantôt aux Dogons, tout en déversant un discours de haine.

Ces attitudes sont, à mes yeux, antidémocratiques, parce qu’elles ne permettront pas le retour  de ce climat de paix tant recherché dans cette région du Mali appelée la « Venise. Malienne ». Koulogon, Dioura et le cas le plus atroce et récent d’Ogossagou : ces attaques qualifiées par d’aucuns de « génocidaires » ou de « nettoyage ethnique » ont dépassé l’entendement.

Mercenaires étrangers

Pourquoi ? Parce que ces deux communautés, peul et Dogons,  ont  toujours su vivre ensemble de façon pacifique. Je me plais de rappeler ici ces propos du Professeur Issa N’Diaye dans le très sérieux quotidien français Le Monde, en (rappeler le mois) 2019 : « Il y avait une sorte de symbiose entre les populations, et les conflits qui naissaient à l’époque trouvaient rapidement des solutions dans le cadre des concertations traditionnelles ». C’est pourquoi je ne peux que m’interroger aujourd’hui en voyant ces mêmes communautés se regarder en chiens de faïence.

Contrairement à certains spécialistes autoproclamés, qui pensent que nous faisons face à un conflit inter-communautaire dans cette région, je suis persuadé en mon âme et conscience que les meneurs de ces massacres ne sauraient être ni des Dogons ou des chasseurs, encore moins des Peuls. Selon l’enseignant à la retraite, la plupart de ces acteurs ont d’ailleurs une langue étrangère à la localité, ce qui laisse supposer l’implication de mercenaires étrangers.

Ne pas se  détourner de l’essentiel

Dans un  article dans The Conversation,  les auteurs des massacres sont qualifiés  de faux djihadistes et de faux chasseurs traditionnels.  Les auteurs de ces crimes visent seulement à nous détourner de l’essentiel. Aucun conflit inter-communautaire n’arrangerait les Maliens. Le massacre n’est ni l’œuvre de Dogons ni de Peuls, mais d’acteurs que les enquêtes, ouvertes par la justice malienne, permettront d’identifier.

Les autorités maliennes, au lieu d’indexer des milices, devraient plutôt miser sur les enquêtes pour identifier les véritables acteurs de ces massacres. Comme l’a mentionné l’ex première dame, Adam Ba Konaré dans une lettre écrite le 30 Mars il faut faire en sorte d’immortaliser toutes les victimes des massacres d’Ogossagou. Le développement n’est possible qu’en promouvant l’unité dans la diversité.

 

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