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Kayes : à quand la fin de l’esclavage ?

Certains habitants de Dramané, Fégui, Maréna Tringa, Djamdjoumera et d’autres villages de la région de Kayes sont victimes de « pratiques à caractère esclavagiste ». Ils disent être contraints de travailler sans compensation pour les personnes issues de clans « nobles » (« honro»), écrit le blogueur Michel Yao.

Cette pratique existe depuis des siècles dans la région. Certains clans, surtout ceux des descendants des anciens empereurs, étaient considérés comme des nobles. Ils avaient des esclaves, et ces derniers n’avaient pas le droit de refuser les ordres de leurs maîtres.

Officiellement, cet esclavage n’existe plus depuis que le Mali est une république, puisque notre Constitution reconnaît que tous les citoyens sont égaux. Mais certaines de ces pratiques ont résisté au changement dans plusieurs villages. À l’ère des droits de l’homme, les victimes prennent de plus en plus conscience de l’injustice de leur état, et n’entendent plus servir des maîtres comme le faisaient leurs grands-pères. « C’est au moment où nous avons clairement montré notre opposition à cette violation de nos droits et libertés que ceux qui se disent nobles ont commencé à nous persécuter », nous a confié sous anonymat une des victimes résidant à Djandjoumé, dans la commune de Gogi, cercle de Nioro du Sahel.

Représailles

Les nobles n’entendent pas facilement renoncer à leur privilège. Ceux qui se révoltent contre leur statut d’esclave sont mis au ban de la communauté. « Même en cas de décès ou  de maladie, personne ne te viendra en aide, et on ne te laisse prendre part à aucune activité sociale » a martelé un autre esclave du village  de Dramané. « Même nos enfants qui sont en  Europe ne peuvent plus nous venir en aide  financièrement parce qu’on les a exclus des associations du village », ajoute-t-il.

Pour lutter contre ce «mépris» et défendre les victimes, une association dénommée Ganbana Xun (« Nous sommes tous égaux ») a été créée. « À l’heure actuelle, il y a plus de 8 plaintes déposées à la justice qui attendent toujours la suite. Les victimes ont perdu leurs biens, leurs espaces cultivables etc… Elles ont été  exclues de toutes les activités auxquelles elles prenaient part », témoigne  Djaguili Maro Kanouté, président de l’association dans la  région  de Kayes. « Nous interpellons  les plus hautes autorités à se pencher sur cette affaire afin  que les victimes soient rétablies dans leurs droits », ajoute-t-il.

Les autorités régionales et nationales devraient se saisir du dossier et faire cesser ces pratiques qui risquent d’aboutir aux conflits communautaires sanglants qu’on observe dans d’autres régions si rien n’est fait.

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Les commentaires récents (3)

  1. Cet article est completement denudé de la realite dans les villages de Kayes. Aucune contrainte n’est posée sur quiconque descendant de castes. L’esclavage telle que definie par l’Onu n’existe pas ici. N’attisez pas la haine et au contraire les hautes autorites devraient dissoudre tout organisation qui est du meme caractere que ce dont vous adherez.
    En plus, l’Etat ne pourrait nullemment obliger les villageois d’associer dans leurs associations fondés par eux meme des gens qui n’ont aucun respect pour la culture africaine.
    Au lieu de denoncer et porter plainte devant la justice, il faut qu’on s’engage tous pour developper nos villages respectifs.

  2. La majorité de ces acteurs sont des soninkes, ils montrent à n’importe qui son exotisme. Alors c’est eux les plus grands immigrants. Si les occidentaux faisaient pareil est ce qu’ils allaient vivre

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