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Les amazones des zones rurales

Chaque année, la femme est célébrée le 8 mars. Mais, on fait trop souvent la promotion des femmes des villes. Les femmes des villages, celles qui n’ont pas accès au luxe, aux bureaux climatisés, ne sont pas vraiment considérées, selon le blogueur Aliou Diallokei. A travers cet article, il a décidé de mettre en lumière ces dernières qu’il appelle affectueusement « les amazones des zones rurales ».

Aminata Samaké, la vingtaine, a abandonné l’école après le décès de son père. Elle est aujourd’hui commerçante et mère au foyer et vit à Gouanan, dans la région de Sikasso. De son commerce, elle dégage assez de bénéfices lui permettant de subvenir aux besoins de sa famille, car son époux, un maçon, ne travaille qu’occasionnellement. La situation difficile de son mari ne la dérange en rien. « Avec son commerce, elle fait chaque jour à manger et je m’occupe des petits besoins de la famille », témoigne ce dernier.

Mamoune Coulibaly, elle, est une maraîchère. Elle tient son petit champ à elle et y consacre une grande partie de sa journée. Elle cultive des légumes et des fruits. Mère de trois enfants, le dernier, âgé de 1 an, joue sous un arbre de sa parcelle pendant qu’elle laboure. Avec cette activité, Mamoune affirme avoir pu économiser et acheter un lot vu qu’elle vit avec son mari en location.

J’ai choisi ces deux femmes qui illustrent bien la bravoure des femmes maliennes qui sont loin de tout tapage médiatique. Malgré leur occupation, ces femmes doivent aussi s’occuper de leur mari, des enfants, de la cuisine… Elles rencontrent énormément de difficultés dans la vie de tous les jours. Mamoune Coulibaly, malgré son activité très fatigante est aussi celle qui fait la cuisine, la lessive et les travaux domestiques de manière générale. Elle a une fille de 12 ans, qui aurait pu bien l’aider mais elle dit tenir tellement à l’éducation de cette dernière qu’elle préfère la laisser se concentrer sur ses études.

De petits besoins, pour de grands bénéfices

Les besoins de ces femmes rurales sont presque les mêmes. Elles veulent toutes être formées à bien gérer leurs revenus pour mieux l’exploiter. Comme Aminata, beaucoup d’entre elles louent les terres sur lesquelles elles travaillent. Pour certaines, la première difficulté est le manque d’espaces cultivables. Le rêve de ces femmes, c’est d’avoir un grand espace où elles peuvent cultiver à volonté. Une autre difficulté est l’organisation. Elles désirent se regrouper, agir comme une coopérative mais elles n’ont pas les ressources nécessaires pour la plupart. Pour certaines commerçantes à l’image d’Aminata Samaké, c’est avoir un fonds de commerce qui représente la plus grande difficulté.

Il faudrait aider toutes ces femmes à avoir une petite somme d’argent pour qu’elles puissent faire fructifier leur commerce. Quand on leur demande de combien ont-elles besoin, certaines répondent juste 25 000 francs CFA, 35 000 francs CFA ou encore 50 000 francs CFA. Des sommes dérisoires mais inaccessibles pour elles. L’apport de ces femmes pour une émergence économique est colossale, toutes choses que nos gouvernants ne doivent pas négliger. Cette couche a un rôle important à jouer pour un véritable décollage économique durable.

 

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