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Benbere part en guerre contre les préjugés

Dans le cadre de sa participation à la campagne mondiale Speaking with (« Parler avec »), dont l’objectif est de faire tomber les barrières pour établir des ponts entre les communautés, la plateforme Benbere a organisé une conférence-débat, le vendredi 16 novembre 2018. Avec comme thème « déconstruire les préjugés entre les différentes communautés au Mali », la conférence faisait suite à la publication d’une série de billets de blog sur le même sujet.

Dénommée « Speak Nord, Centre et Sud du Mali », cette campagne a débuté le mercredi 14 novembre 2018 par la publication d’articles sur des préjugés qui existent entre les communautés du nord, du centre et du sud du Mali. La conférence-débat avait pour objectif de permettre aux jeunes de discuter, non seulement sur les préjugés, mais aussi sur le conflit entre Dogons et Peuls qui mine la cohésion sociale et la stabilité du Mali. Elle a offert un cadre pour faire des témoignages, des propositions de solutions pour déconstruire les préjugés entre les jeunes du nord, du centre et du sud du Mali.

La campagne « Speak Nord, Centre et Sud du Mali » fait partie d’une campagne de sensibilisation mondiale pour aider à ce que tous et toutes, partout, fassent entendre leurs voix. Des centaines d’événements ont eu lieu de par le monde pour faire tomber les barrières qui divisent et aider à établir des ponts et plus de compréhension.

 Le débat entre Peuls et Dogons

 Pour débattre du thème sensible du contentieux entre les Peuls et les Dogons, Benbere a réuni autour d’une même table des jeunes des deux communautés dans les locaux du Mémorial Modibo Keita. Amagono Saye, jeune dogon, a estimé que très souvent les Peuls sont tous accusés d’être des terroristes et les Dogons, quant à eux, sont des Dozos (chasseurs traditionnels), tueurs de Peuls. Pour lui, ces stéréotypes impactent négativement la cohésion sociale dans le centre du pays, où les affrontements intercommunautaires continuent de faire des victimes.

Il a ajouté que le conflit, né de ces préjugés, est « un conflit importé ». Pour y remédier, Amagono Saye propose la multiplication des espaces d’échanges pour instaurer un dialogue franc et sincère entre les communautés victimes de préjugés. Ibrahim Dicko est un jeune peul. Pour lui, les préjugés ont créé un climat de méfiance entre sa communauté et celle des Dogons. Il a déclaré qu’il n’est pas juste que tous les Peuls soient assimilés aux djihadistes, tout en précisant que les Peuls, dans leur majorité, ne se reconnaissent pas dans le combat du prêcheur radical, Hamadoun Kouffa. D’ailleurs, les Peuls contribuent aux enquêtes pour son arrestation.

Le regard du politicien sur les préjugés   

L’ancien Premier ministre, Moussa Mara, présent à la rencontre, a salué l’initiative. Il a expliqué que dans un passé récent, ces « préjugés » étaient un facteur de cohésion, un moyen de règlement des différends par le biais des mécanismes de cousinage à plaisanterie. Le vrai problème dans le centre du Mali, ajoute-t-il, est un problème de dysfonctionnement étatique qui date de plusieurs décennies. La solution se trouve dans le réveil de l’Etat, qui est à terre. Cependant, il pense qu’avant ce réveil, la société doit jouer son rôle dans ce combat contre les préjugés à travers des actions à l’exemple de celle de la plateforme Benbere. 

Plusieurs participants ont déclaré que grâce à ce genre de débats, un Mali sans préjugés est possible.

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