Éducation civique et morale : la discipline d’enseignement qui pourrait forger le citoyen malien
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Éducation civique et morale : la discipline d’enseignement qui pourrait forger le citoyen malien

L’école malienne ne forme plus le citoyen. Comment se comporter dans l’État ? Quel rôle y jouer ? Quels sont les devoirs et responsabilités d’un citoyen envers son pays et ses concitoyens ? Comment utiliser et protéger le bien public ? Autant de notions utiles qui manquent aux citoyens.

L’esprit de civisme est le moins répandu dans ce pays. On en veut à l’enfant devenu adulte pour son incivisme. Cependant, on ne saurait espérer mieux quand on ne lui apprend pas les notions aptes à faire de lui un citoyen pleinement consciencieux de ses devoirs et responsabilités envers son pays. L’esprit de savoir-être apparaît peu chez la jeune génération de Maliens. Une population majoritairement jeune mais peu éduquée conduira certainement le pays à la dérive.

L’environnement socio-éducatif a un grand rôle à jouer. De plus en plus, l’enfant grandit au sein de l’école. Il y passe le plus clair de son temps durant la journée et un bon nombre d’années de sa vie. Le temps consacré aux études doit être mis à profit pour former, instruire l’enfant et forger le citoyen.

Une matière négligée

Au Mali, l’Éducation civique et morale (ECM) occupe une piètre place dans le programme scolaire au niveau du cycle d’enseignement fondamental et secondaire. Perçue par les apprenants comme une matière par laquelle on gagne facilement des notes, on n’a pas su faire jouer par l’ECM le rôle qui est censé être le sien dans la construction du citoyen modèle. Le volume horaire attribué est misérable (1h/semaine), aussi bien que le coefficient (1). Les enseignants chargés de dispenser le cours (professeurs de français ou d’histoire-géo) n’y accordent pas d’importance non plus.

Moussa Coulibaly, en classe de terminale langues et littérature, confie que de tout son parcours secondaire, ils n’ont pas suivi le cours d’ECM plus de trois fois. A l’évaluation, des notes sont attribuées à tout-va, selon la présence des élèves aux rares cours tenus, témoigne-t-il. A l’université, n’en parlons même pas. La discipline ne figure nulle part dans le programme d’enseignement.

Que faire ?

Il faut spécialement former des enseignants dans les écoles normales (IFM, ENSup, ENETP) pour dispenser le cours et également rendre obligatoire son enseignement au niveau des ordres d’enseignement fondamental, secondaire et supérieur. Tout en augmentant le volume horaire et le coefficient de valeur attribués à la matière pour en faire une discipline d’importance.

Il faudrait également revoir le programme d’enseignement, en collaboration peut-être avec les partis politiques, pour y insérer les notions essentielles à prendre en considération pour forger le citoyen, l’aspirant politique.

On pourrait, pour l’occasion, recourir aux pionniers et aux sortants du Service national des jeunes (SNJ) pour assurer l’enseignement de la discipline. Il faudrait que ceux qui seront chargés d’enseigner ladite matière soient pleinement engagés à la cause patriotique et incarnent les notions et les valeurs à enseigner.

Par intermittence, toutes les deux semaines par exemple, on pourrait inviter dans les écoles des traditionnalistes ou des hommes de culture qui résident dans nos quartiers respectifs pour parler de l’histoire du Mali, de nos valeurs, de nos symboles. Et organiser des sorties avec les apprenants pour se rendre dans les musées et dans d’autres lieux où sont précieusement gardés nos vestiges culturels.

Tout ceci exige une certaine réorganisation de notre système éducatif. Les établissements d’enseignement privés, qui de nos jours semblent échapper au contrôle de l’État, ne doivent pas être une exception à la règle. Ils doivent scrupuleusement se conformer aux directives établies. Refonder le Mali, c’est aussi engager des actions innovantes et courageuses porteuses de changement.

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