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La femme malienne doit sortir de l’ombre des hommes

A l’instar de beaucoup de mes sœurs maliennes, je me suis longtemps vue destinée seulement au mariage. Les femmes sont conditionnées, depuis petites, à « penser au mariage », à renoncer à leurs ambitions. Tout se passe comme si au Mali naître fille impliquait de n’avoir qu’une vie vouée à s’occuper seulement de son mari, des tâches ménagères et des enfants. Cela nous maintient, nous les femmes, dans un statut inférieur à l’homme, écrit la blogueuse Aminata Haidara.

Nous sommes et resterons, malheureusement, dans l’ombre des hommes si nous ne faisons rien, nous les femmes. La société fait en sorte que les filles, même animées par l’ambition, finissent par perdre confiance. Je pense sincèrement qu’on peut concilier les deux : mariage et vie active. Les gens doivent comprendre que la non éducation chez les filles engendre déjà le sous-développement. Le sexisme est tel, au Mali, que je ne pense pas qu’une femme pourrait un jour devenir présidente.

Je suis convaincue que beaucoup de femmes auraient aujourd’hui quitté leur foyer si elles étaient stables financièrement : c’est à dire si elles avaient les moyens de subvenir aux besoins de leurs enfants ainsi que les leurs. C’est d’ailleurs ce qu’affirment beaucoup d’entre elles, dont Oumou, une amie qui s’est mariée très jeune et est devenue mère de 4 enfants très tôt. « Au début de mon mariage, mon mari me donnait tout, explique-t-elle. Mais après la naissance de nos enfants, je me suis vue peu à peu obliger de subvenir toute seule aux besoins de mes enfants.

Imaginez ma souffrance ! » Entre demander de l’argent à sa famille et vendre des condiments au marché pour nourrir ses enfants, elle ne sait plus quoi faire et ne ressent aujourd’hui que des remords.

De son côté, Salimata, elle, n’oubliera jamais la trahison de son mari qui a refusé de tenir sa promesse de la laisser poursuivre ses études : « Il m’avait dit que je continuerai mes études après notre mariage. Il a refusé catégoriquement une fois le mariage consommé. Pour lui, je dois rester pour m’occuper des enfants. Je n’avais pas mon mot à dire. »

Je pense que la faute en revient à notre éducation qui nous fait croire que mariage rime avec souffrance, et que pour avoir des enfants qui ont la « baraqa », une femme doit supporter tout de son époux. Dans son roman Toiles d’araignées, l’écrivain malien Ibrahima Ly l’écrit d’une façon qui donne froid dans le dos : « Notre société fait des femmes de véritables otages. Chez nous, le succès de l’enfant dépend non pas de son intelligence et de son habileté, de sa persévérance dans l’effort et de son courage, mais uniquement de la capacité de résignation de sa mère, de la passivité de celle-ci face aux insultes du père, des coépouses, des belles-sœurs. La résignation est la clé de voûte de note société… »

Tout supporter des hommes

C’est donc à croire que nous les femmes, nous sommes condamnées à rester toujours dépendante des hommes qui font de nous ce qu’ils veulent.

Nous n’avons nullement le droit de donner nos opinions par peur de les contredire.

Notre société nous prépare à tout supporter des hommes : leurs mauvais comportements, leur infidélité et les supplices qu’ils nous font subirent. L’argument saugrenue avancé : nos mères ont supporté pire mais n’ont jamais abandonné leur foyer. Je suis une femme et personne ne me fera croire que je ne suis pas capable d’être à la fois indépendante, épanouie et une bonne mère et épouse. Je suis une FEMME ambitieuse et je réussirai dans la vie.

Réussir ne veut pas forcément dire aller à l’école : il suffit juste de se donner les moyens pour accomplir des choses.

Nous devrions faire de notre réussite une priorité, nous les femmes.

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